À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Jean-Paul Gasparian orchestre magistralement Chopin

Plus de détails

Frédéric Chopin (1810-1849) : Ballades n° 1 à 4 ; Nocturnes op. 27 n° 2, op. 48 n° 1 ; Valse en mi mineur op. posth ; Grande Valse brillante op. 34 n° 3 ; Polonaise “Héroïque” op. 53 ; Polonaise-Fantaisie op. 61. Jean-Paul Gasparian, piano. 1 CD Evidence Classics. Enregistré à l’Hôtel de l’Industrie en novembre 2018. Notice en français et en anglais. Durée totale : 74:10

 

Chopin Gasparian coverCe récital qui s’ouvre par les quatre Ballades de Chopin est porté par un souffle qui impressionne. Il révèle la personnalité de , l’un des jeunes pianistes les plus intéressants d’aujourd’hui.

Une Sonate n° 2 de Schumann pleine de risques assumés dans un album consacré aux archives du Festival de Nohant puis un superbe enregistrement consacré à Scriabine et Prokofiev également pour le label Evidence Classics et dans lequel “orchestrait” déjà les partitions des deux compositeurs… En toute logique, l’interprète devait se confronter au romantisme premier, celui des “chants de l’héroïsme” comme l’écrit fort justement Jean-Yves Clément, dans sa présentation des œuvres.

Jouées ainsi, les quatre Ballades impressionnent par leur souffle et leur dimension hymnique qui auraient pu, a contrario, les éloigner de l’auditeur. Par péché d’orgueil et parce que la technique est, ici, impériale. On se laisse prendre à la chaleur, à la beauté et à la longueur du son, portées par un Steinway rougeoyant et une captation charnue et précise à la fois. Qui a parlé d’un Chopin par essence “fragile” ? Celui que nous entendons est déjà lisztien avec la prémonition de Debussy et de Ravel, celui de Scarbo dans les climax les plus enflammés des Ballades. Le jeu est à la fois sanguin, dominateur et “confortable” (pour l’auditeur). Il nous parle et raconte au sens littéral et littéraire du terme. On aurait aimé, parfois, davantage de prises de risques, mais l’écrin d’une salle vide favorise aussi quelques notes amoureusement ciselées comme la vibration de ces quatre sublimes sol bémol (mesures 55 et 56) de la Ballade n° 4, que la plus infime toux anéantirait. Jean-Paul Gasparian a mûri ces interprétations d’une noblesse et d’un panache incontestables.

Après les Ballades, le lent balancement imprimé au Nocturne en ut mineur qui laisse filer les harmoniques pour mieux les contenir est remarquable. Tout comme le caractère irrémédiable de la Valse en mi mineur, l’étonnante et belle distanciation prise avec la Polonaise “Héroïque”. Ces quelques exemples témoignent d’une interprétation pensée car l’artiste qui maîtrise à ce point les formes révolutionnaires de l’écriture Chopin, ne peut que s’imposer sur la scène.

Plus de détails

Frédéric Chopin (1810-1849) : Ballades n° 1 à 4 ; Nocturnes op. 27 n° 2, op. 48 n° 1 ; Valse en mi mineur op. posth ; Grande Valse brillante op. 34 n° 3 ; Polonaise “Héroïque” op. 53 ; Polonaise-Fantaisie op. 61. Jean-Paul Gasparian, piano. 1 CD Evidence Classics. Enregistré à l’Hôtel de l’Industrie en novembre 2018. Notice en français et en anglais. Durée totale : 74:10

 
Mots-clefs de cet article

Banniere-clefdor1-aveclogo

Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.