Iddo Bar-Shaï en récital au Festival Chopin de Bagatelle

Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

Paris. Orangerie de Bagatelle. 22-VI-2018. François Couperin (1668-1733) : Sept pièces de clavecin. Frédéric Chopin (1810-1849) : Quatre Mazurkas op. 17 ; Quatre Mazurkas op. 24 ; Mazurka op. 63 n°2 ; Deuxième Ballade op. 38. Clara Schumann (1819-1896) : Deux Mazurkas tirées des Soirées musicales op. 6. Iddo Bar-Shaï, piano

Iddo Bar-Shai (c) vincent garnierPour sa 36e édition, le festival organisé par la société Chopin de Paris rend hommage à pour les deux cents ans de sa naissance. Le concert d’ouverture met en valeur le pianiste israélien dans un programme où Chopin côtoie Couperin et donc .

Pour cette édition, le festival Chopin retrouve l’Orangerie de Bagatelle, endroit toujours aussi merveilleux entre les fleurs et les oiseaux dont les fameux paons qui n’hésitent pas à se faire entendre pendant le concert. La soirée d’ouverture a été confiée à dont un récital en 2017 avait fait semble-t-il forte impression sur les auditeurs. Son programme s’ouvre par quelques pièces de Couperin, pages qu’on est heureux d’entendre à nouveau de nos jours au piano (on sait par exemple que Sokolov a remis au goût du jour ce répertoire). Elles acquièrent sous les doigts de Bar-Shaï une densité rêveuse et pleine de mélancolie qui nous touche immédiatement et profondément.

Après cette belle introduction, la part essentielle du concert revient, c’est le cœur du festival, à Chopin ; un bouquet de neuf mazurkas met en valeur le toucher du pianiste et à nouveau un climat nostalgique et d’une grande pudeur qui les rapproche des Couperin antérieurs. Le beau texte de présentation de l’artiste donne tout son sens à cette mise en miroir. Avec beaucoup d’intelligence artistique, il insère entre les Mazurkas op. 17 et 24 de Chopin deux mazurkas tirées des Soirées musicales op. 6 d’une Clara Schumann à peine sortie de l’adolescence, dont l’image stylisée orne le programme. Le toucher et le sens du style du pianiste donnent tout son sens à cette évocation de l’amitié entre la plus grande virtuose de son époque et Chopin. Seule la Ballade n° 2 qui conclut le récital (avant deux bis revenant à une mazurka et à Couperin) souffre d’une certaine brutalité et d’une lourdeur de la main gauche préjudiciable à son équilibre sonore. Mais une fois encore on salue le talent de la société Chopin de Paris pour composer la programmation d’un festival qui mêle avec intelligence noms confirmés et promesses de demain.

Crédit photographique : Iddo Bar-Shaï © Vincent Garnier

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