Gymnastiques baroques pour le concert d’ouverture de Bach en Combrailles

Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

Châtel-Guyon. Gymnase. 11-VIII-2019. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Cantate Meine Seele erhebt den Herren BWV 10, air Herr, der Du stark und mächtig bist ; Cantate Gott, man lobet dich in der Stille BWV 120, air Heil und Segen soll und muss zu aller Zeit ; Concerto pour clavecin en fa mineur BWV 1056 ; Cantate Selig ist der Mann BWV 57, air Ich wünschte mir den Tod ; Cantate Sehet, weich eine Liebe hat uns der Vater erzeiget BWV 64, air Was die Welt in sich hält ; Cantate Schweigt stille, plaudert nicht BWV 221, air Heute noch, lieber Vater. Johann Adolf Hasse (1699-1783) : Symphonie en sol mineur op. 5 n°6. Antonio Vivaldi (1678-1741) : Concerto pour cordes en la majeur RV 158. Dietrich Buxtehude (1637-1707) : Passacaille en ré mineur, BuxWV 161. Amel Brahim-Djelloul, soprano. Orchestre national d’Auvergne, clavecin et direction : Patrick Ayrton

IMG_0653 - CopieQue ce soit pour les petits auditeurs par l’Ensemble Artifices, ou pour les plus grands avec les piliers de Bach en Combrailles comme l’Orchestre national d’Auvergne, dirigé ce soir par Patrick Ayrton, un anniversaire, ça se fête !

Ce ne seront pas les fortes intempéries du jour qui auront inondé quelques heures auparavant le local technique du Théâtre de Châtel-Guyon, lieu où a été organisé initialement ce concert d’ouverture, qui obscurciront les festivités du 20e anniversaire du festival. C’est dans le gymnase de la ville, dans un temps record, que les organisateurs installent avec seulement une demi-heure de retard une salle quasi-comble.

Et comme tout anniversaire, les invités sont bien là : les pièces instrumentales de Vivaldi (Concerto pour cordes en la majeur), Hasse (Symhonie n° 6 en sol mineur op. 5) et Bruxtehude (Passacaille en ré mineur) accompagnent le maître des lieux dignement représenté par des extraits de cantates destinés exclusivement à l’allégresse du soprano. Mais ceux véritablement à l’honneur, ce sont les artistes qui ont donné toute son aura au festival auvergnat depuis vingt ans. Patrick Ayrton a été le directeur artistique de Bach en Combrailles entre 2004 et 2016, la qualité de son travail est particulièrement soulignée par l’actuel directeur artistique Vincent Morel en début de concert. Quant à l’, aujourd’hui orchestre national, il a participé à quelques exceptions près à toutes les éditions.

On retrouve chez cet orchestre de chambre ce sens de la flamboyance dans la pétillante Symphonie n° 6 en sol mineur de Hasse, compositeur plus souvent mis à l’honneur à travers la voix, qui rencontra Bach en 1731 à Dresde. Que ce soit le joli phrasé à l’italienne déployé au profit du Concerto pour cordes en la majeur RV 158 d’un intérêt certain, ou par le biais de la célèbre Passacaille en ré mineur de Buxtehude, œuvre sur ostinato par excellence, l’ensemble des interventions instrumentales est d’une qualité remarquable, surpassant les autres acteurs de la soirée. Le Concerto pour clavecin en fa mineur BWV 1056 manque en revanche particulièrement de fluidité et d’évidence sous les doigts du chef d’orchestre au clavecin, qui sait se faire pardonner par la complicité qu’il instaure avec humour face à un public conquis d’avance par le personnage.

Le fil rouge de cette édition se révèle, autant dans ce concert que dans le reste de la programmation de la semaine, la cantate, expression vocale choisie souvent par Bach pour fêter des anniversaires, démarche que Philippe Hersant fait perdurer en 2019 avec la création de la cantate Nun komm der Heiden Heiland prévue lors de la soirée de clôture.

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C’est sur les épaules d’ que repose donc la structure de ce concert, les cinq airs de cantates alternant avec régularité avec les pièces instrumentales. Son soprano brillant a besoin d’un certain moment lors de sa première intervention pour finalement se développer à loisir. La chanteuse fait preuve d’une diction exemplaire, d’une élégance palpable et d’une projection agréable que l’acoustique du gymnase ne dessert aucunement. Son phrasé manque un brin de relief et sa ligne de chant gagnerait en raffinement, mais son timbre coloré est clairement pourvu d’expressivité, soutenu par une sincérité évidente qui ne peut que favoriser la connivence.

Crédits photographiques : © Antoine Thiallier

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