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Tombeau de Steven Cohen à son compagnon mort

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Centre Georges Pompidou, Paris. 19/IX/19. Dans le cadre du Festival d’Automne. Put your heart under your feet… and walk ! Chorégraphie, scénographie, costumes et interprétation : Steven Cohen. Musique : Joseph Go Mahan The Desperate Ones ; Leonard Cohen It Seemed the Better Way ; Marianne Faithfull Boulevard Of Broken Dreams. Création lumière et régie : Yvan Labasse. Régie vidéo : Baptiste Evrard. Diffusion, assistante plateau, regard extérieur : Catherine Cossa

creuse un tombeau à son compagnon mort dans Put your heart under your feet… and walk !. Courte, baroque et intense, cette performance laisse dans la bouche un goût de sang et de cendres.

Steven-Cohen-©Pierre_PLANCHENAULT

L’œuvre de est de moins en moins chorégraphique et de plus en plus visuelle. La beauté de cette performance tient précisément de sa dimension plasticienne, par laquelle Steve Cohen utilise le film, la photographie, le costume et le maquillage, ainsi qu’une galerie d’artefacts qui sont autant de prolongements de sa personnalité baroque et excentrique.

Put your heart under your feet… and walk ! est un tombeau, éloge funèbre à la façon de Steven Cohen de son compagnon Elu, décédé en 2016. « We used to have temples, no we have theaters » dit-il. Le théâtre et la conception de ce spectacle est pour lui une manière de faire le deuil, sans aucun tabou. Steven Cohen prétend qu’il ne joue pas, mais que tout ce qu’il fait ou dit est vrai.

Dans une scénographie baroque, composée d’une installation sur le sol de chaussons de danse fétichisés, d’un support pour quatre gramophones à manivelle formant une sorte de tutu noir et, à l’avant-scène, d’un autel de bougeoirs rococo, Steven Cohen évolue avec fragilité et délicatesse sur des cothurnes instables et aux talons échasses démesurés. Dans ces artefacts hérissés de lames, la violence est sous-jacente.

Autre source de violence intense, un film est projeté à intervalles réguliers en fond de scène. Steven Cohen a l’habitude de se faire filmer en territoire hostile (ici, un abattoir). Malgré la beauté de leur réalisation, ces images de carcasses sanguinolentes et de viscères tout juste sorties de bêtes encore tremblantes sont difficilement soutenables. Steven Cohen assimile-t-il sa souffrance à la souffrance animale ? Se couvre-t-il du sang chaud et épais de ces bêtes comme les danseurs japonais de butô se couvrent de cendres ? La réponse est dans son œuvre protéiforme, qui constitue au fil des années un journal intime en images.

Crédits photographiques : © Pierre Planchenault

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Centre Georges Pompidou, Paris. 19/IX/19. Dans le cadre du Festival d’Automne. Put your heart under your feet… and walk ! Chorégraphie, scénographie, costumes et interprétation : Steven Cohen. Musique : Joseph Go Mahan The Desperate Ones ; Leonard Cohen It Seemed the Better Way ; Marianne Faithfull Boulevard Of Broken Dreams. Création lumière et régie : Yvan Labasse. Régie vidéo : Baptiste Evrard. Diffusion, assistante plateau, regard extérieur : Catherine Cossa

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