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Dans l’intimité de Luciano Pavarotti

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Pavarotti, le génie est éternel. Film. Réalisation Ron Howard. Durée 1:54. Sortie nationale le 6 novembre 2019

 

C’est Ron Howard – oui, l’acteur de Happy days, mais aussi le réalisateur oscarisé à plusieurs reprises et auteur de reportages acclamés sur les Beatles – qui s’attelle à ce documentaire de presque deux heures sur la vie et la carrière de , en une espèce d’hommage éperdu, tant il est vrai que le charisme, le sourire éclatant et la voix d’or du ténorissimo illuminent tout le film d’une sorte de générosité permanente.

5454999Le travail d’approche est minutieux. Il s’appuie à la fois sur de nombreuses archives et des témoignages rares. On se laisse très vite prendre à la présence du personnage. Ron Howard semble quant à lui totalement subjugué, peut-être au point de justifier a posteriori certains choix de l’artiste parmi les plus controversés.

Nous découvrons donc petit à petit le destin de ce fils de boulanger et ténor amateur, destiné à une carrière d’instituteur, encouragé néanmoins par sa mère à envisager une carrière lyrique. Ce qu’il raconte sur les années de guerre, les pendus qu’il a vus accrochés aux murs de Modène alors qu’il n’avait qu’une dizaine d’années, est glaçant.

Vient le temps de la galère, des concours, des seconds rôles, des remplacements au pied levé, du manque d’argent, principalement raconté par sa première épouse rencontré à l’époque, et ses trois filles aînées, vite venues, puis la rencontre avec , et l’explosion de sa carrière. L’extrait d’un entretien dévoile que pendant les scènes d’amour avec cette dernière, il la serrait au plus près afin d’étudier le travail de son diaphragme !

De cette période au sommet, illustrée de nombreux extraits sonores, on retiendra bien sûr cette voix magnifique, mais aussi un amour de la scène qu’on ne soupçonnait pas si intense, et quelques images que son sourire lumineux éclairent. Ainsi en est-il de cette photo émouvante de Lady Diana trempée et les cheveux en pétard, venue le féliciter après un concert pluvieux, ou de cet interview télévisée sur une chaîne américaine pendant laquelle il cuisine pour le présentateur sa recette de spaghettis préférée, et s’en sert une pleine assiette avec un bonheur carnassier. On apprend aussi l’origine du tic du mouchoir blanc qu’il avait en main à chacun de ses récitals.

De nombreux musiciens, chanteurs bien sûr mais aussi instrumentistes, chefs d’orchestre, et directeurs d’opéra, commentent cette époque : Angela Gheorghiu, , , , , Joseph Volpe, etc. mais bizarrement pas , qui fût pourtant son amie d’enfance. Certains nous donnent, mine de rien, quelques petites leçons de technique vocale appliquée. On se rend compte également de l’importance qu’ont eu sur la carrière du ténorissimo ses agents et ses producteurs, et comment ils l’ont infléchie, jusqu’à le transformer de vedette lyrique en une bête du box-office mondialement connue.

Car arrive ensuite la deuxième partie de la carrière de , celle qu’on apprécie la moins, comme probablement bon nombre d’amateurs purs et durs d’opéra. Mais Ron Howard, visiblement conquis, a une explication pour tout, et parvient même à nous convaincre. Les stades pleins pour un récital avec micro ? Une façon réfléchie de démocratiser l’opéra, et de collecter des fonds pour soutenir ses nombreuses causes humanitaires, dans lesquelles il se donnait à fond. Les concerts des trois ténors ? La même chose, mais avec en plus une sorte d’amitié potache (témoignages de , et ). Un entretien avec Bono permet de comprendre comment il parvenait à conquérir les cœurs. On adore la façon dont  » big Luciano  » a su s’infiltrer dans l’intimité du leader du groupe U2 via son employée de maison, qui était italienne, pour lui soutirer la composition d’une chanson, alors que celui-ci n’était pas convaincu au départ.

De la même façon, en ce qui concerne sa vie privée, tout est dit mais tout est justifié. Ses entorses à la fidélité conjugale, son divorce retentissant dans une Italie encore sous l’emprise de l’église catholique. Il suffit simplement de voir les yeux de Madelyn Renee ou le sourire de Nicoletta Mantovani pour comprendre !

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Pavarotti, le génie est éternel. Film. Réalisation Ron Howard. Durée 1:54. Sortie nationale le 6 novembre 2019

 
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