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Le retour de Peter Rösel en récital à Paris

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Paris. Salle Gaveau. 07-XI-2019. « Musikalische Vermächtnisse » (Testaments musicaux). Joseph Haydn (1732-1809) : Sonate en mi bémol majeur n°62, Hob. XVI, 52. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate en ut mineur n°32, op. 111. Franz Schubert (1797-1828) : Sonate en si bémol majeur n°21, op. posth. D 960. Peter Rösel, piano

Absent en récital à Paris depuis près de 40 ans, revient à la Salle Gaveau pour un programme quasi testamentaire, composé des dernières sonates de Haydn, Beethoven et Schubert.

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Alors que l’on commémore les trente ans de la chute du mur de Berlin, l’un des pianistes les plus célèbres de la RDA à l’époque réapparaît à la Salle Gaveau après de longues années d’absence, grâce au travail des Concerts de Monsieur Croche. Sans doute peu nombreux sont les passionnés à connaître l’intégrale des concertos pour piano de Rachmaninov par le pianiste sous la direction de , ou quelques sonates de Beethoven sur des disques alors parus chez Berlin Classics. Pourtant, France Musique a également fait le travail de l’inviter le matin, pour entendre de sa bouche une triste réalité, de plus en plus perceptible aujourd’hui, sur le profit majeur de la réunification pour la partie Ouest de l’Allemagne, au détriment de l’ex bloc communiste. Ainsi, explique-t-il qu’à l’ouverture, l’ancienne RFA a identifié à l’est un juteux marché pour ses artistes, plutôt que de voir d’un bon œil l’apport de nouveaux artistes de l’Est vers l’Ouest.

Peter Rösel revient donc dans une ville pour laquelle il avait obtenu un droit de voyage afin d’y faire son dernier récital, alors que, paradoxalement, il n’y a plus été invité à s’y produire seul depuis qu’il est libre d’y entrer comme il le souhaite… Et malheureusement, si la Sonate en mi bémol majeur n°62, Hob. XVI, 52 de Haydn démontre encore une belle dextérité de la part de l’artiste né à Dresde le 2 février 1945, onze jours seulement avant le bombardement conventionnel le plus massif qu’une ville ait pu connaître dans l’histoire, sa souplesse affiche ses limites ensuite pour la Sonate en ut mineur n° 32, op. 111 de Beethoven.

Dès l’Allegro de la sonate de Haydn, le respect de la forme attire toutefois grâce à une autorité du rythme indiscutable, au point de toujours rigoureusement suivre le temps et ne jamais se permettre de déborder par un quelconque ralentendo ou rubato. Mais si cette règle convient bien au maître classique jusqu’au Finale, presto relativement joueur bien qu’empreint de rigidité, l’explosion de la forme chez Beethoven a pu inspirer bien plus, sans être aucunement dénaturée pour autant, à l’instar de la vision de . Outre quelques notes à côté, Rösel peine aussi parfois à ne pas brouiller le message entre sa main gauche et sa main droite, comme lors de la fugue, tandis qu’il dévoile au contraire à l’exposition et ensuite lors de la réexposition une certaine dureté dans un grave moins concentré. Il retrouve cependant aussi de magiques instants, comme lors des variations du 2e mouvement, particulièrement sur les octaves aiguës du clavier.

La seconde partie constituée de la dernière sonate de Schubert, la n° 21 en en si bémol majeur, op. posth. D 960, suit la même approche, au risque d’afficher une certaine forme d’aridité, bien que la maîtrise du développement du Molto moderato démontre une superbe maturité. Les trois autres mouvements poursuivent la même vision, avant de conduire à deux bis, d’abord l’Andante de la Sonate n° 10 de Beethoven, puis un Impromptus de Schubert.

Crédits photographiques : © Jen Pin Lin

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Paris. Salle Gaveau. 07-XI-2019. « Musikalische Vermächtnisse » (Testaments musicaux). Joseph Haydn (1732-1809) : Sonate en mi bémol majeur n°62, Hob. XVI, 52. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate en ut mineur n°32, op. 111. Franz Schubert (1797-1828) : Sonate en si bémol majeur n°21, op. posth. D 960. Peter Rösel, piano

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