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Vadym Kholodenko en récital à Gaveau

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Paris. Salle Gaveau. 03-III-2020. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Sonate pour piano no 14 en ut mineur, K. 457. Franz Schubert (1797-1828) : Sonate pour piano n° 13 en la majeur, D. 664. Kaija Saariaho (1952*) : Ballade. Alexander Scriabine (1871-1915) : Préludes. Sergueï Rachmaninov (1873-1943) : Sonate pour piano no 2 en si bémol mineur, op. 36. Vadym Kholodenko, piano

En récital à la Salle Gaveau, présente un programme Mozart, Schubert, Saariaho, poursuivi en seconde partie par les Préludes parfaitement dosés de Scriabine et la Sonate n° 2 opus 36 de Rachmaninov.

vadym kholodenko_2016 ccIra Polyarnaya
A trente-trois ans, n’est plus tout à fait un jeune homme, mais il entre toujours avec la même gêne face au public, pour s’asseoir rapidement devant le piano. La Sonate n° 14 K. 457 de Mozart initie son récital parisien et montre dès le Molto allegro en ut mineur une vraie disparité des deux mains, sans que celles-ci parviennent tout à fait à trouver un discours commun. Le calme de l’Adagio reste contrebalancé par le toucher percussif du pianiste. La sonorité quelque peu verticale sur le Steinway & Sons joué ce soir se retrouve dans la célérité parfaitement gérée de l’Allegro assai.

La Sonate n° 13 D. 664 de retrouve les mêmes qualités et les mêmes contraintes que celle de Mozart. D’une belle nostalgie parfois, elle ne parvient cependant pas à associer dans une même vision une partie grave souvent appuyée par la pédale, quand la droite semble vouloir se libérer. Évidemment, le sublime Andante bénéficie du regard déjà particulièrement mature de Kholodenko, avec cette tristesse slave subtilement insérée dans les notes du compositeur. Mais on ne se refait pas, et si la Ballade de clôture brillamment la première partie, construite et retranscrite dans le développement d’une texture autour d’une mélodie qui s’étend avant de se rétracter, c’est à partir des Russes que le récital prend une autre ampleur.

La Sonate n° 2 op. 36 de affiche un naturel, et là encore, un caractère nostalgique, cette fois vraiment superbe, qui approche la lecture offerte par Boris Berezovsky en juillet dernier au Théâtre des Champs-Elysées. Traitée dans un doigté toujours superbement dosé, si tant est que l’on aime le côté percussif de l’école russe, l’ouvrage développe ses grands thèmes et ses élancées sans jamais se précipiter. Il expose toujours une claire différentiation des deux mains, cette fois beaucoup plus unifiées dans le rendu global. Auparavant, offre le plus beau moment du récital, avec deux cycles de Préludes op. 13 & 16 enregistrés récemment, magnifiquement abordés, d’une nervosité toujours contrôlée par la parfaite maîtrise du pianiste. C’est ce même Scriabine que Kholodenko choisit en premier bis, cette fois avec un Prélude de l’opus 11. Puis pour bis conclusif, le n° 3 des Quatre Contes de Fée d’un autre compositeur pour lequel il est aujourd’hui l’un des meilleurs interprètes : .

Crédit photographique : © Ira Polyarnaya

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Paris. Salle Gaveau. 03-III-2020. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Sonate pour piano no 14 en ut mineur, K. 457. Franz Schubert (1797-1828) : Sonate pour piano n° 13 en la majeur, D. 664. Kaija Saariaho (1952*) : Ballade. Alexander Scriabine (1871-1915) : Préludes. Sergueï Rachmaninov (1873-1943) : Sonate pour piano no 2 en si bémol mineur, op. 36. Vadym Kholodenko, piano

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