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À la Scala, Aux Armes, Contemporains #3

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Paris. La Scala .10-X-2020. Festival Aux Armes, Contemporains!
Paul Méfano (1937-2020) : Involutive pour clarinette solo ; Raphaël Sévère (né en 1994) : Install Gewitter d’après le récit de Ernst Jünger pour violon, clarinette et piano ; Francesco Filidei (né en 1973) : Ballata n° 3 pour piano et ensemble ; Bernard Cavanna (né en 1951) : Scordatura, Concerto n° 2 pour violon et ensemble (CM). Véronique Fèvre et Raphaël Sévère, clarinette ; Noëmi Schindler, violon ; Nathanaël Gouin, piano ; Ensemble 2e2m ; direction Léo Margue

Invité sur le plateau de La Scala dans le cadre du festival Aux Armes, Contemporains, l’Ensemble 2e2m sous la direction du jeune Léo Margue affiche deux créations et dédie son concert à Paul Méfano.

filidei-2-olivier-rollerHommage donc au fondateur de l’Ensemble 2e2m et immense compositeur avec Involutive, une courte pièce – on aurait aimé davantage – pour clarinette solo placée en début de soirée et jouée par Véronique Fèvre. Paul Méfano s’inspire d’une citation de Georges Bataille qui nous est révélée par l’interprète à la fin de la pièce. Volupté du son, écriture féline et fantasque qui induit une virtuosité et une dimension théâtrale. La clarinettiste va à plusieurs reprises chercher la résonance dans les cordes du piano dont l’effet reste difficilement perceptible dans l’acoustique très sèche de la salle.

Chacun s’accorde à dire que la composition est un métier, chose qui, de toute évidence, manque au clarinettiste Raphaël Sévère pour prétendre honorer une commande, ne serait-ce qu’un trio avec clarinette. Install Gewitter, d’après le récit de Ernst Jünger, nous laisse, hélas, sans voix…

Francesco Filidei s’inspire-t-il de la forme poétique et musicale du XIVᵉ siècle italien ou de la ballade romantique des Chopin et Brahms dans Ballata n° 3 pour piano et ensemble ? Sans doute des deux à la fois. La rhombe filidéienne qui débute la pièce sous les sonorités sur-aiguës du piano nous invite au voyage, aussi poétique que rhapsodique, sorte de road-movie où les images défilent et modifient à mesure le paysage. On est bluffé par l’effet saisissant des contrastes, l’alliage subtil des timbres et la luxuriance des sonorités intégrant les appeaux et autre flûte à coulisse. Tout en maintenant la position de soliste du piano – Nathanël Gouin, exemplaire – et un bel équilibre entre les deux instances que réussit à instaurer le talentueux Léo Margue.

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Bernard Cavanna vient sur scène pour présenter son Concerto n° 2 « Scordatura » donné ce soir dans sa nouvelle version pour soliste et ensemble. C’est la première fois, nous dit-il, qu’il écrit à l’adresse de l’Ensemble 2e2m qu’il a longtemps présidé. Son idée de déconstruire l’instrument soliste en le soumettant à différents accords arbitraires (les scordature) – comme un violon que l’on aurait acheté dans une brocante, nous dit-il – n’est pas sans évoquer le concerto pour piano de Steen-Anderson mettant sur le devant de la scène un piano fracassé lors d’une chute spectaculaire : deux messages forts que font passer les compositeurs à travers le genre traditionnel du concerto. Bernard Cavanna a convoqué les mandole et mandoline de Florentino Calvo qui doublent la ligne du/des violons de Noëmi Schindler et hybrident leur sonorité : une trouvaille de la part de cet habile orchestrateur qui recherche la sonorité rare autant que la dimension du spectacle. En sollicitant également la cornemuse et les alliages sonores savoureux qu’il obtient avec l’instrument bruyant ainsi que cette « mâchoire d’âne » et son effet güiro dans le troisième mouvement, il crée un monde de l’hétérogénéité joyeuse autant qu’inquiétante. L’effectif réduit (instrument par 1) de cette nouvelle version sonne comme de la musique de chambre, donnant à entendre quelque chose d’intime, d’ouvragé et de fulgurant dont nous enchantent les musiciens ; sans rien enlever à la prestation hors norme de Noëmi Schindler dont le jeu ne manque pas d’éblouir, y compris sur le violon d’étude (trois-quarts) avec lequel elle termine le concerto.

Crédits photographiques : F. Filidei © Olivier Roller ; © Michèle Tosi

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Paris. La Scala .10-X-2020. Festival Aux Armes, Contemporains!
Paul Méfano (1937-2020) : Involutive pour clarinette solo ; Raphaël Sévère (né en 1994) : Install Gewitter d’après le récit de Ernst Jünger pour violon, clarinette et piano ; Francesco Filidei (né en 1973) : Ballata n° 3 pour piano et ensemble ; Bernard Cavanna (né en 1951) : Scordatura, Concerto n° 2 pour violon et ensemble (CM). Véronique Fèvre et Raphaël Sévère, clarinette ; Noëmi Schindler, violon ; Nathanaël Gouin, piano ; Ensemble 2e2m ; direction Léo Margue

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