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Regula Mühlemann, Mozart en elle forever

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Airs de Le Nozze di Figaro KV 492, Idomeneo KV 366, Zaïde KV 344, Lucio Silla KV 135, Il re pastore KV 208, Die Zauberflöte KV 620, La finta semplice KV 51 et airs de concert « Un moto di gioia » KV 579, « Ah se in ciel, bénigne stelle » KV 538. Regula Mühlemann, soprano ; Kammerorchester Basel, direction : Umberto Benedetti Michelangeli. Enregistré au Landgasthof de Riehen (Suisse) entre le 4 et le 7 février 2020. 1 CD Sony Music. Notice de présentation en allemand et anglais, livret en italien, allemand et anglais. Durée : 51:49

 

Cinq ans après son premier album personnel dédié à Mozart, la soprano Regula Mühlemann récidive avec un deuxième opus où elle retrouve le chef et l’orchestre qui déjà l’accompagnaient.

Mozart_Regula-Mühlemann_Umberto-Benedetti-Michelangeli_SonyÀ sa sortie, le premier volume avait reçu un bel accueil critique. Rien d’étonnant pour une jeune soliste dont la voix s’est déjà faite remarquer lors de prestations scéniques. Nos lignes frémissaient déjà de bonheur lors de son apparition (cachée ?) en Oiseau de la Forêt dans Siegfried de Richard Wagner au Grand Théâtre de Genève en février 2014. Puis elle charma dans une Papagena de La Flûte Enchantée de Mozart à l’Opéra Bastille en mars 2014, comme dans sa Zerlina du Don Giovanni à Gstaad en juillet 2015, puis, puis, puis dans tant et tant d’autres Mozart qu’on lui colla à la voix.

Bien évidemment, cela ne pouvait que la conduire à s’engager dans le répertoire du maître autrichien. Les médias ont tôt fait de projeter la jeune soprano comme la « spécialiste » de Mozart et de s’en convaincre au-delà d’un certain bon sens critique, voir d’ignorance de ce que l’histoire et le disque nous ont laissé de messages mozartiens depuis tant d’années. Reste que s’il ne faut certainement pas crier au génie, Regula Mühlemann s’inscrit dans une carrière prometteuse pour autant qu’elle ne se laisse pas embarquer dans un succès facile où nombre d’artistes se sont brûlés les ailes.

Au disque, et dans celui-ci en particulier, elle délivre des prestations en ligne avec les impressions qu’elle laisse sur scène. Un adjectif semble lui coller particulièrement à la voix : charmant ! Eh oui, elle est charmante cette voix. Elle épouse admirablement la tradition du répertoire mozartien. Mais au-delà de cette belle qualité, la soprano suisse possède un atout très rarement relevé mais essentiel : la simplicité. En effet, chez Regula Mühlemann, pas d’artifices, pas de sophistication. De la pureté, de la simplicité, de l’authenticité.

À s’en convaincre l’air « L’amerò, sarò costante » tiré de Il re pastore la montre parfaitement prête à aborder les grands rôles du répertoire mozartien. Des aigus lumineux agréablement ornés d’un vibrato d’une ampleur idéale. Tout juste si on eût préféré ici des vocalises un tantinet moins « tartinées ». Peut-être qu’un tempo légèrement plus rapide aurait suffit à l’affaire. Des ajustements mineurs que l’expérience saura corriger. Autre moment de grâce vocale dans l’incontournable air de tous les récitals discographiques dédiés à Mozart, le fameux « Ruhe sanft, mein oldes Leben » tiré de Zaïde. Là, la soprano fait merveille. Elle offre un legato merveilleux dans cette romance amoureuse qu’elle chante avec une retenue mêlée de passion d’une rare beauté.

Ce disque (trop court avec ses moins de 52 minutes !) se termine en apothéose avec « Ah se in ciel, benigne stelle », un air de concert jugé parmi les plus difficiles du répertoire, que Mozart composa pour Alloysa, sœur de Constance, dont la flexibilité de la voix était admirable. Dans ce morceau de bravoure, la jeune soprano se joue avec une facilité déconcertante des pièges de cet air de plus de sept minutes parsemé de vocalises vertigineuses.

En conclusion, un disque très réussi (en dépit d’un Kammerorchester Basel parfois trop discret). Fort du succès qu’on peut espérer pour à cet album, à quand celui d’airs de concert de Mozart ?

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Airs de Le Nozze di Figaro KV 492, Idomeneo KV 366, Zaïde KV 344, Lucio Silla KV 135, Il re pastore KV 208, Die Zauberflöte KV 620, La finta semplice KV 51 et airs de concert « Un moto di gioia » KV 579, « Ah se in ciel, bénigne stelle » KV 538. Regula Mühlemann, soprano ; Kammerorchester Basel, direction : Umberto Benedetti Michelangeli. Enregistré au Landgasthof de Riehen (Suisse) entre le 4 et le 7 février 2020. 1 CD Sony Music. Notice de présentation en allemand et anglais, livret en italien, allemand et anglais. Durée : 51:49

 
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