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Maxime Pascal et Patricia Kopatchinskaja électrisent Manifeste

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Paris. Auditorium de Radio France. 18-VI-2021. Manifeste. Luca Francesconi (1956*) : Corpo elettrico, pour violon et orchestre ; CF. Patricia Kopatchinskaja, violon. György Ligeti (1923-2006) : Volumina, pour orgue. Karol Mossakowski, orgue. Fausto Romitelli (1963-2004) : Dead City Radio – Audiodrome. Serge Lemouton, réalisation informatique musicale Ircam. Orchestre Philharmonique de Radio France, direction : Maxime Pascal.

Développé en miroir autour de la pièce Dead City Radio de , le concert Manifeste de Radio France offre une intéressante création française de , électrisée par et , tandis que enflamme l’orgue de l’Auditorium avec Volumina de Ligeti.


Présent dans la salle, expose la première pièce du concert Corpo elettrico. Une œuvre en parfaite adéquation avec la violoniste , dans le sens où cette artiste cherche à rompre les enclaves de la musique classique, cette création française s’inscrit en miroir de Dead City Radio- Audiodrome, de , donnée en fin de programme.

D’environ trente-cinq minutes, le concerto ouvre par un long chant de douleur, porté par l’archet seul de Kopatchinskaja, comme d’habitude arrivée pieds nus sur scène. Puis la pièce est développée par l’, particulièrement bien concentré sous la direction du chef . D’abord purement acoustique, la partition se développe de manière cyclique sous l’archet de la violoniste, tandis que l’orchestre tente de bloquer cette voix solitaire par assauts du tutti, avant de s’y adapter par ses sonorités mystérieuses. A mi-parcours, Kopatchinskaja branche un micro sur son Pressenda 1834 afin d’utiliser les pédales et l’ampli de guitare à ses côtés. Le second mouvement débute alors en pianissimi, amplifiés et modulés pour bénéficier à plein du jeu d’une artiste rarement entendue si bien préparée. Tout se redéveloppe alors dans cette nouvelle matière électrique, puis l’orchestre s’éteint une dernière fois et laisse à Kopatchinskaja la primeur d’une ultime cadence, extrêmement bien effectuée entre pizzicati et cordes ou bois grattés, ajustés à la pédale de modulation, même si cette ultime partie semble assez mal agencée avec le reste de l’ouvrage.

Passés les saluts, la lumière se tamise, dans un bleu fluo d’où ne ressort que le carré jaune dédié à . Déjà très impressionnant lors de ses dernières prestations dans cette salle, le jeune organiste attaque avec une incroyable énergie un peu forcée l’ ouvrage de Ligeti Volumina, abordée ici dans sa dernière version, la plus complète, notamment par les sons à jouer avec les pédales de l’orgue.


Basée sur des gros effets sonores, distorsion, fortes, extrêmes aigus, infrabasses, la partition de 1962 révisée en 1966 tire sa substance d’un orgue poussé dans ses derniers retranchements. Elle permet alors de vérifier une fois encore l’excellente qualité de l’instrument de l’Auditorium de Radio France, exalté par l’incroyable dextérité et précision de Mossakowski.

Puis le « Philhar » revient en scène pour la dernière œuvre, Dead City Radio. Audiodrome. Clin d’œil à notre siècle de communication intense, l’œuvre de Fausto Romitelli trouve une place très adaptée à la Maison de la Radio et nouvellement de la Musique, d’autant qu’elle est tenue d’une main implacable par Maxime Pascal, accompagné de musiciens déployés sur les balcons, et par l’assistance électronique de Serge Lemouton, qui diffuse notamment une bande radio d’un texte volontairement trop mal défini pour être compréhensible, très similaire dans le style à celui utilisé à la fin de l’œuvre de Francesconi.

Crédits photographiques : © Christophe Abramowitz/Radio France

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Paris. Auditorium de Radio France. 18-VI-2021. Manifeste. Luca Francesconi (1956*) : Corpo elettrico, pour violon et orchestre ; CF. Patricia Kopatchinskaja, violon. György Ligeti (1923-2006) : Volumina, pour orgue. Karol Mossakowski, orgue. Fausto Romitelli (1963-2004) : Dead City Radio – Audiodrome. Serge Lemouton, réalisation informatique musicale Ircam. Orchestre Philharmonique de Radio France, direction : Maxime Pascal.

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