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Berlin. Philharmonie. 1-X-2021. Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n° 5, version originale (édition Nowak). Berliner Philharmoniker, direction: Herbert Blomstedt

Au tour de la Symphonie n°5 d’ de se trouver sous le regard captivant du doyen des chefs.


Bien sûr, il n’y a rien d’inédit dans une telle soirée : ne s’est pas contenté d’enregistrer une intégrale des symphonies de Bruckner lui-même, avec le Gewandhaus, mais il figure aussi dans les intégrales mixtes publiées récemment par l’ et par celui de la Radio Bavaroise. Mais ce qu’il propose aujourd’hui, que ce soit il y a quelques semaines avec Vienne pour la Quatrième ou ce soir avec Berlin pour la Cinquième vaut le voyage, encore et toujours.

Souvent, les interprétations récentes du toujours souriant Blomstedt, chez Bruckner comme chez Mahler, prenaient un tour sombre, tragique, peu ouvert à l’espoir. Ce soir, l’atmosphère n’est guère plus légère, mais plutôt que de tragique, on parlerait volontiers pour décrire cette Symphonie n° 5 d’une austère rigueur, qui vise moins l’expressivité que le libre déploiement des formes. Les silences qui parsèment la partition peuvent être des respirations organiques, qui créent une continuité émotionnelle ; ici, au contraire, ils sont souvent des fossés abrupts.

ne laisse pas l’auditeur se reposer dans le flux luxueux du son brucknérien, comme d’aucuns de ses cadets ne se privent pas de faire ; avec lui, la musique avance, poussée par une énergie inflexible. Ce n’est pas une affaire de tempo – le minutage indique une interprétation plutôt lente, mais à l’écoute il n’est pas question de lenteur, tant cette énergie soutient constamment le discours. Les pizzicati du deuxième mouvement sonnent autant mystérieux que décidés, et le tempo lent du mouvement n’a ici pas grand-chose de contemplatif, plutôt la fermeté de l’inéluctable. Il y a dans toute la symphonie une cohérence du propos qui force le respect, et qui est la marque d’un chef qui ne se laisse jamais porté par le plaisir momentané d’un effet gratifiant. Cette détermination n’apparaît cependant jamais comme une manière de forcer la partition : Blomstedt, au contraire, laisse la musique respirer chaque fois qu’il le faut, et il sait varier la perspective pour fuir toute monotonie. Ce Bruckner qui ne cherche pas à être aimable est admirable, et le Philharmonique de Berlin se met avec tous ses talents – ici notamment le hautbois d’Albrecht Mayer – au service de cette conception si maîtrisée.

Crédit photographique : © Monika Rittershaus

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