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Vaisseau Fantôme enflammé à l’Opéra de Massy

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Massy. Opéra de Massy. 12-XI-2021. Richard Wagner (1813-1883) : Der Fliegende Holländer, opéra en trois actes sur un livret du compositeur, d’après les Mémoires de Schnabelewopski de Heinrich Heine. Mise en scène : Charles Roubaud. Décors : Emmanuelle Favre. Costumes : Katia Duflot. Lumières : Marc Delamézière. Chef de Chant : Thomas Palmer. Avec : Mischa Schelomianski, Daland ; Catherine Hunold, Senta ; Ewandro Stenzowski, Erik ; Marie-Ange Todorovitch, Marie ; Christophe Berry, Der Steuermann ; Nicolas Cavallier, Der Holländer. Chœur d’Angers Nantes Opéra, Chœur de l’Opéra de Massy (Chef des Chœurs : Xavier Ribes). Orchestre national d’Île-de-France, direction musicale : Case Scaglione

Avec une distribution majoritairement française, un Orchestre National d’Île-de-France stimulé en fosse par et un à se damner, Le Vaisseau Fantôme de l’Opéra de Massy surpasse la récente reprise de l’ouvrage à l’Opéra de Paris.


Déjà d’une formidable chaleur dans l’œuvre il y a deux ans, le affiche encore plus de puissance cette saison dans la reprise pour deux soirs à Massy de Der Fliegende Holländer (Le Vaisseau Fantôme) de Wagner, cette fois dans la production de . Toujours préparés par Xavier Ribes et juste légèrement décalés tandis qu’ils sont en coulisse et qu’on entend crier les départs à la fin de l’acte I, les parties d’hommes trouvent le reste du temps une impressionnante vigueur, à même d’impacter chacune de leurs interventions, et de rendre bien pâle en comparaison la prestation du Chœur de l’Opéra de Paris un mois plus tôt.

Créée à Orange en plein air en 2013 avec Mikko Franck puis reprise en théâtre à Marseille en 2015, la mise en scène de devait s’adapter à la scène des Chorégies et ne propose donc qu’un unique décor, fait d’une proue de bateau habillée par les vidéos, pour créer parfois un navire rouillé et parfois un rocher. Très simple, cette production apparaît cependant d’un aspect moderne et permet d’imager sereinement le livret, tout en apportant une belle scène de danse avant la tempête finale, là encore magnifiée par les chœurs. Auparavant, les tisseuses de l’acte II affichent la même qualité de préparation et laissent apparaître parmi elles la soprano dramatique française , qui retrouve enfin un rôle wagnérien après avoir dû annuler au dernier moment son Elisabeth/Vénus rouennaise l’an passé, pour cause de Covid-19.


Heureuse Senta aujourd’hui, Hunold livre une balade fine et jamais détimbrée ni émaillée d’aucun aigu acide. Elle est tout aussi vive dans sa mort, accompagnée par l’orchestre jusqu’au leitmotiv de la rédemption, ajouté à la seconde mouture de l’œuvre. À ses côtés, offre une Mary d’une qualité de projection et d’une couleur de timbre rares, qui donne de l’intensité à tous les moments de ce rôle pourtant secondaire. campe un Hollandais moins noir que celui du récent Tomas Konieczny à Bastille, mais son timbre est aussi plus coloré et si l’on entend un accent bien français, il n’en reste pas moins que l’allemand est excellemment prononcé, notamment dans son premier grand air. Le Daland de présente en face un marin raffiné, bien accompagné par son timonier, porté avec clarté dans le premier air par , tandis que l’Erik d’ tient son rôle avec justesse sans jamais véritablement l’exalter.

Pour accompagner le plateau, l’Orchestre national d’Île-de-France est dirigé par son directeur musical, . D’abord très architecturé pour l’Ouverture, l’orchestre se montre de plus en plus souple à mesure que l’action se délie. Certaines baisses de tension et des gestes plus faits pour l’orchestre que pour la scène montrent que le chef comme les musiciens sont plus habitués au répertoire symphonique que lyrique, mais tous sont bien présents dans les grands moments, notamment les cors, très sollicités et pourtant jamais pris en défaut, quand les cordes affichent jusqu’aux derniers instants un superbe lyrisme.

Crédits Photos : © Eric Chadaillac (Holländer) & Camille Tron de Bouchony (Senta)

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Massy. Opéra de Massy. 12-XI-2021. Richard Wagner (1813-1883) : Der Fliegende Holländer, opéra en trois actes sur un livret du compositeur, d’après les Mémoires de Schnabelewopski de Heinrich Heine. Mise en scène : Charles Roubaud. Décors : Emmanuelle Favre. Costumes : Katia Duflot. Lumières : Marc Delamézière. Chef de Chant : Thomas Palmer. Avec : Mischa Schelomianski, Daland ; Catherine Hunold, Senta ; Ewandro Stenzowski, Erik ; Marie-Ange Todorovitch, Marie ; Christophe Berry, Der Steuermann ; Nicolas Cavallier, Der Holländer. Chœur d’Angers Nantes Opéra, Chœur de l’Opéra de Massy (Chef des Chœurs : Xavier Ribes). Orchestre national d’Île-de-France, direction musicale : Case Scaglione

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