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Inoubliable exposition d’Ilya Répine au Petit-Palais

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Paris. Petit-Palais. Exposition « Ilya Répine (1844-1930). Peindre l’âme russe. Jusqu’au 23 janvier 2022. Commissaire de l’exposition : Christophe Leribalult.

Une exposition au Petit-Palais de Paris consacrée à l’œuvre picturale d’Ilya Rypine (1844-1930) nous plonge avec délectation au cœur de l’âme russe.

Dans la capitale, le Petit Palais propose jusqu’au 23 janvier 2022 une superbe rétrospective, la première en France, dévolue au peintre russe Ilya Répine. Aidé par des informations précises et pertinentes, le visiteur suit, de salle en salle, les thèmes retenus qui recouvrent généreusement la vie foisonnante et les diverses époques stylistiques du maître.

Riche d’une centaine de tableaux prêtés par le musée Tretiakov (Moscou), par le musée d’État de Saint-Pétersbourg et par l’Ateneum d’Helsinki, l’exposition déroule sous nos yeux une authentique chronologie et une chronique passionnante de la société russe magistralement illustrée par l’un des peintres majeurs du pays. Ce travail précieux confirme combien Ilya Répine a su regarder son temps avec acuité, talent et pertinence.

Cet artiste proche du groupe des Ambulants ambitionne, entre autres, de diffuser avec réalisme l’art russe auprès du peuple. Ses centres d’intérêt se découvrent sur ses toiles inspirées par sa vie domestique, ses peintures religieuses, ses séjours parisiens, sa longue amitié avec Léon Tolstoï et par ses multiples tableaux de portraits de personnalités de premier plan en demande d’être immortalisées. Les commandes affluent régulièrement, les expositions le fêtent, les ventes l’enrichissent et sa réputation est en constante expansion.

L’exposition parisienne souligne parfaitement les nombreuses convergences qui le relient aux grands compositeurs de son temps dont il fige des images empreintes de réalisme, d’humanité et de psychologie pénétrante.

Musiciens illustres mis en peinture

Ilya Répine admirait profondément la musique de son ami (1839-1881) qui lui-même appréciait hautement sa peinture. Quatre jours avant la mort du compositeur, à son chevet à l’hôpital, il réalise un portrait saisissant, devenu très célèbre, où se lisent sa dépression, son alcoolisme, sa résignation et sa déchéance.

Quelques années plus tard (1887) il conçoit un travail intitulé « compose l’opéra Roussian et Ludmila ». Le fondateur de l’école russe moderne, presque allongé sur un canapé, une partition dans une main, d’autres sur une table de chevet proche, semble réfléchir ou chercher l’inspiration. Particularité, ce travail fut réalisé après la mort de Glinka (1804-1857) qu’il n’avait jamais rencontré ; il repose sur des témoignages et des photographies.

La même année, en 1887, Répine réalise un portrait d’ (1865-1936) debout, un maître célèbre qui plus tard aidera le jeune Dimitri Chostakovitch dans les années 1920 de la révolution bolchevique. Compositeur, chef d’orchestre et pédagogue de premier plan, il noue d’amicales relations avec le peintre qu’il admire et qui lui dédiera sa Rhapsodie orientale pour grand orchestre (1890).

Les bras croisés, le visage volontaire et lointain, la chevelure noire abondante, tel apparaît le légendaire pianiste, compositeur et chef d’orchestre (1829-1894), également fondateur du conservatoire de Saint-Pétersbourg, sur cette toile élaborée en 1881.

Critique renommé et compositeur du groupe des Cinq, l’ingénieur (1835-1918) souhaite débarrasser la musique russe de ses influences occidentales au profit du legs populaire. Lors de soirées, il se rapproche de Répine qui crée en 1890 un tableau le montrant en grande tenue militaire, assis, jambes croisées, le regard profond.

Portrait d’, 1920

Enfin, avec un travail de la grande maturité (1920), on découvre cette représentation du peintre finlandais et grand ami du compositeur Jean Sibelius (1865-1957), réalisée en un seul jour, . Tous les deux avaient génialement traduit en musique et en peinture l’épopée nationale du Kalevala. Répine et Gallen-Kallela se rencontrent l’année de ce travail. Le Finlandais pose dans un uniforme semblable à ceux que portaient les Blancs durant la guerre civile finlandaise. Le physique et la physionomie du modèle sont parfaitement rendus.

D’autres réalisations de Répine retiennent des personnalités proches du monde musical comme la pianiste allemande (1846-1918) achevé en 1887, la montrant accoudée à son piano. Et encore (1837-1890), mécène du groupe des Cinq, pianiste renommée et biographe de à demi allongée et au regard interrogateur (1890).

La visite de cette exposition exceptionnelle réserve d’autres découvertes enrichissantes qu’il serait fort dommage d’ignorer.

Crédits photographiques : Peintures © Galerie nationale Trétiakov, Moscou ; Salle d’exposition © Petit-Palais

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Paris. Petit-Palais. Exposition « Ilya Répine (1844-1930). Peindre l’âme russe. Jusqu’au 23 janvier 2022. Commissaire de l’exposition : Christophe Leribalult.

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