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Le Carnaval (pas que gastronomique) des animaux à Bastille

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Paris. Opéra Bastille – Amphithéâtre. 28-III-2022. Camille Saint-Saëns (1835–1921) / Jean-François Verdier : Le Carnaval (gastronomique) des animaux. Texte : Bernard Friot. Mise en scène : Pascal Neyron. Scénographie et lumières : Thibaut Fack. Costumes : Sabine Schlemmer. Avec : Sol Espeche, la Souris ; Richard Delestre, le Lion ; Rodolphe Harris, le Gorille. Musiciens en résidence à l’Académie et de l’Orchestre Atelier Ostinato, direction : Jean-François Verdier

Dans le cadre de sa programmation à l’adresse des petits et des grands, l’Opéra de Paris accueille, à l’Amphithéâtre, Le Carnaval (gastronomique) des animaux que a co-composé avec .

« C’est l’histoire d’un roi, un Lion, qui ne voit plus rien de son royaume, et d’une souris qui tente de lui faire retrouver la vue… », résume , convié à mettre en images le malicieux troisième conte musical du chef de l’Orchestre Victor Hugo Franche-Comté. « Mais non, ce n’est pas du tout cela… » a envie de rétorquer le spectateur et ex-auditeur du livre-disque paru en 2020 chez Milan. Le Carnaval (gastronomique) des animaux, sur un livret de Bernard Friot (Histoires pressées) plongeait, via le cluedo d’un concours culinaire, dans la psyché mégalomaniaque d’un chef d’orchestre qui, aspirant à être calife à la place du calife en prenant la place du Roi des animaux, est démasqué juste avant qu’il n’occise un à un membres du jury et instrumentistes. Concours et enquête sont toujours d’actualité mais, dans cette version scénique, quelque peu phagocytés par un prologue et un épilogue politico-humanistes inédits, peut-être opportuns en ces temps de période pré-électorale, mais fauteurs de trouble en terme de lisibilité de l’intrigue, la fin étant quelque peu téléphonée.

Le plus grand soin a présidé à la scénographie de Thibaut Fack : en fond de scène, une estrade pour un jury animalier statufié (canard, chèvre, escargot et… cygne) ; sur le devant, un énorme faitout duquel émergeront, dans des volutes de vapeurs, les plats du concours (altiste au pot, brochettes de contrebassistes, sauté de musiciens, croquettes de petit chanteur, ragoût de violoniste…) Un véritable défilé de trophées artistiques.

Le Carnaval (gastronomique) des animaux invite trois comédiens. Le Lion d’Adrien Gamba-Gontard, souffrant, donne procuration à l’autorité de Richard Delestre. Une souris (pétulante Sol Espeche) flanquée d’un gorille (hilarant Rodolphe Harris) maître en langue des signes remplacent Jacques Gamblin à la narration. Ils sont également chargés de canaliser l’attention du jeune public scolaire accouru en nombre.

Cette ultime représentation d’une série de six est suivie avec une bruyante ferveur du côté jardin, très réactif à la partie théâtrale, le côté cour, peut-être mieux préparé à la spectateur-attitude, semblant plus à l’écoute de la musique. Une musique confiée, cette fois, aux musiciens-cuisiniers (toque et tablier blancs pour tous) en résidence à l’Académie et à ceux de l’Orchestre Atelier Ostinato, onze artistes n’ayant rien à envier à ceux de l’Orchestre Victor Hugo du disque. soi-même, qui a lui aussi troqué la queue de pie pour la tenue de maître-queue, tient la baguette. Une exécution impeccable, bien que quelque peu malmenée, pour les raisons exprimées plus haut, certaines pièces (Tortues, l’Éléphant) étant quasiment inaudibles.

Gros succès pour le message final (« Arrêtez de manger des animaux, soyez végétarien ! »), salué par un assentiment général. À sa mesure, Le Carnaval (gastronomique) des animaux augure d’une nouvelle ère citoyenne.

Crédits photographiques: © Vincent Lappartient–Studio J’adore ce que vous faites-OnP

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Paris. Opéra Bastille – Amphithéâtre. 28-III-2022. Camille Saint-Saëns (1835–1921) / Jean-François Verdier : Le Carnaval (gastronomique) des animaux. Texte : Bernard Friot. Mise en scène : Pascal Neyron. Scénographie et lumières : Thibaut Fack. Costumes : Sabine Schlemmer. Avec : Sol Espeche, la Souris ; Richard Delestre, le Lion ; Rodolphe Harris, le Gorille. Musiciens en résidence à l’Académie et de l’Orchestre Atelier Ostinato, direction : Jean-François Verdier

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