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Écho, Narcisse et l’Art d’Aimer de Maël Bailly par l’Ensemble intercontemporain

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Paris. Cité de la Musique. 06-IV-2022. Maël Bailly (1988*) : Echo, Narcisse et l’Art d’aimer. Livret de Benjamin Athanase, Maël Bailly et Marie Soubestre. Mise en scène : Benjamin Athanase. Marie Soubestre, soprano. Solistes de l’Ensemble Intercontemporain : Emmanuelle Ophèle, flûte ; Philippe Grauvogel, hautbois d’amour ; Carjez Gerretsen, clarinette ; Valeria Kafelnikov, harpe ; Odile Auboin, alto

Préparé par le jeune compositeur , le metteur en scène et la soprano , l’opérette contemporaine Écho, Narcisse et l’Art d’Aimer a été créée ce printemps à la Cité de la Musique de Paris.


La commande est de l’ et cinq de ses musiciens sont sur scène pour la nouvelle création de , une opérette moderne aux influences multiples autour du mythe d’Écho et Narcisse. D’un peu plus d’une heure, l’œuvre peine à trouver un rythme dans son découpage en trois parties, surtout à même de faire rire le public par les textes, imprimés en arrière-scène et au début du spectacle tapés d’un clavier par la soprano , afin que le bruit sonorisé s’allie à celui des instruments.

Est-ce à cause de cette légende du beau Narcisse, admiratif de lui-même, que la proposition finale ressort justement narcissique ? En tous les cas nous ne sommes jamais véritablement happés par un texte extrêmement décousu, parlé et chanté par la soprano ou juste inscrit sur l’écran. La musique, souvent bruitiste ou concentrée sur des échanges de courtes notes ou cellules ou sur le traitement annexe des instruments, n’apporte pas non plus un fort dynamisme, même si les solistes de l’Intercontemporain la traitent toujours avec la qualité qu’on leur connait. Il en va ainsi des accords froids ou neutres de la harpe de Valeria Kafelnikov, de la flûte d’Emmanuelle Ophèle, toujours précise même lorsqu’il ne faut laisser ressortir que le souffle, du hautbois d’amour de Philippe Grauvogel et de la clarinette ou clarinette basse de Carjez Gerretsen, inscrits aux mêmes essais dans le style des multiples tentatives de compositeurs depuis un demi-siècle, ou encore de l’alto régulièrement en pizz ou en glissandi d’Odile Auboin. Certains de ces musiciens sont même amenés à se déplacer sur scène et dans le public pendant l’interprétation.


Prisonnière de son drap blanc, la nymphe Écho de Marie Soubestre, après s’être essayée à la variation autour d’un court poème sur Junon, tente l’alexandrin sur Narcisse. La dernière partie s’essaye au mélodrame sur l’art d’aimer en latin, vite ramené à un cours théorique volontairement ridiculisé par l’excès de didactismes : « Crede mihi : crois-moi. properanda : adjectif verbal à la voix passive, formé à partir du gérondif propero, properas, etc… ». Le public ri ou souri parfois et il faut louer la prestation de la soprano, dont le long texte est chanté ou souvent rapidement récité sans la moindre hésitation. Cependant, il ressort de cette opérette moderne un matériau inexpressif et beaucoup trop technique, pour une histoire déstructurée autour d’une légende pourtant autrement plus voluptueuse et fondatrice des mythes amoureux.

Crédits Photographiques : © Anne-Elise Grosbois (I) & © Quentin Chevrier (II)

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Paris. Cité de la Musique. 06-IV-2022. Maël Bailly (1988*) : Echo, Narcisse et l’Art d’aimer. Livret de Benjamin Athanase, Maël Bailly et Marie Soubestre. Mise en scène : Benjamin Athanase. Marie Soubestre, soprano. Solistes de l’Ensemble Intercontemporain : Emmanuelle Ophèle, flûte ; Philippe Grauvogel, hautbois d’amour ; Carjez Gerretsen, clarinette ; Valeria Kafelnikov, harpe ; Odile Auboin, alto

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