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L’Opéra de Rome met en scène I puritani de Bellini

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Rome, Teatro Costanzi, 19-IV-2022. Vincenzo Bellini (1801-1835) : I Puritani, version originale intégrale en trois actes, sur un livret de Carlo Pepoli, d’après le roman « Têtes rondes et cavaliers » d’Ancelot et Saintine. Mise en scène : Andrea De Rosa, Costumes : Mariano Tufano, Décors : Nicolas Bovey, Lumières : Pasquale Mari. Avec : Jessica Pratt, Elvira Valton ; John Osborn, Lord Arturo Talbo ; Franco Vassallo, Sir Riccardo Forth ; Nicola Ulivieri, Sir Giorgio Valton ; Roberto Lorenzi, Lord Gualtiero Valton ; Rodrigo Ortiz, Sir Bruno Roberton ; Irene Savignano, Enrichetta di Francia. Choeur du Teatro dell’Opera di Rome (chef de choeur:Roberto Gabbiani). Orchestre du Teatro dell’Opera di Roma, direction : Roberto Abbado

Après le spectacle en version de concert devant un parterre vide et diffusé en livestream pendant le confinement, l’opéra I Puritani de revient avec quasiment la même distribution au Teatro Costanzi de Rome, dans la mise en scène d’ et sous la direction de .

 

Pour cette nouvelle production du dernier chef-d’œuvre du compositeur, plus de 30 ans après à Rome, la mise en scène très dépouillée va ici à l’essentiel, agrémentée des costumes, mélange de vêtements modernes et d’époque. Il faut souligner l’ingéniosité du grand voile blanc d’Elvira qui devient un élément narratif et dramaturgique, faisant tantôt office de salle de mariage, tantôt d’autel, ou de prison, en fonction des mouvements des douze servantes qui le tirent, le soulèvent, le tordent et finalement l’enroulent autour du corps de la jeune femme pour en faire une camisole de force. La sobriété minimaliste de la chambre d’Elvira et de la scène fixe est élégante, avec cinq piliers ouverts sur une volée de marches émergeant du fond, pour représenter  le château, la prison et le champ de bataille, grâce à l’éclairage habile des lumières de Pasqual Mari.

A cette sobre mise en scène répond une belle distribution. Pour le rôle d’Elvira, le choix s’est porté sur une spécialiste du répertoire de Bellini, . La soprano assure une performance tout en aisance d’un rôle qui demande à la fois une concentration maximale et une énergie constante. Elle fait preuve autant de virtuosité, comme dans la cabalette de la scène de la folie, que d’une grande technique. Sur le plan dramaturgique, son engagement est tangible, incarnant une douce rêveuse, sautant pieds nus d’une marche à l’autre enveloppée dans sa volumineuse robe de mariée, s’abandonnant au délire sur une plateforme lumineuse en verre jusqu’à être écrasée ensuite sous le poids de la rêverie et des souvenirs par une autre plateforme symétrique et opposée lui tombant dessus comme un ciel étouffant.

Dans le rôle d’Arturo (confié à Lawrence Brownlee dans la version de concert) , en grand ténor bel cantiste, soutient sans problème les difficultés de sa partie, avec ses aigus touchants, son parfait legato, son agilité et son plein engagement scénique. Dans le rôle de Riccardo, , bien que statique dans ses mouvements, est convaincant avec sa belle voix de baryton-basse avec toutefois un timbre quelque peu verdien et un vibrato qui tend parfois à l’emphase dramatique. Les autres rôles sont bien distribués avec Nicola Ulivieri (Lord Giorgio Valton), Irene Savignano (Enrichetta), Roberto Lorenzi (Gualtiero Valton) et Rodrigo Ortiz (Bruno Robertson). On apprécie également le chœur préparé par Roberto Gabbiani.

L’orchestre de l’Opéra de Rome sous la direction de livre une interprétation globalement satisfaisante dans une partition pleine de variations et de détails. Le chef se montre fidèle aux intentions de Bellini, bien que les tempi des mélodies du compositeur « lunghe, lunghe, lunghe » au dire de Verdi, semblent parfois un peu lents et uniformes, et tandis que, par moment, sa direction ne ménage pas les chanteurs.

Crédit photographique : © Fabrizio Sansoni / Opera di Roma

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Rome, Teatro Costanzi, 19-IV-2022. Vincenzo Bellini (1801-1835) : I Puritani, version originale intégrale en trois actes, sur un livret de Carlo Pepoli, d’après le roman « Têtes rondes et cavaliers » d’Ancelot et Saintine. Mise en scène : Andrea De Rosa, Costumes : Mariano Tufano, Décors : Nicolas Bovey, Lumières : Pasquale Mari. Avec : Jessica Pratt, Elvira Valton ; John Osborn, Lord Arturo Talbo ; Franco Vassallo, Sir Riccardo Forth ; Nicola Ulivieri, Sir Giorgio Valton ; Roberto Lorenzi, Lord Gualtiero Valton ; Rodrigo Ortiz, Sir Bruno Roberton ; Irene Savignano, Enrichetta di Francia. Choeur du Teatro dell’Opera di Rome (chef de choeur:Roberto Gabbiani). Orchestre du Teatro dell’Opera di Roma, direction : Roberto Abbado

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