Concerts, La Scène, Musique symphonique

Osmo Vänskä dirige l’Orchestre Symphonique de Montréal

Plus de détails

Canada. Montréal. Maison symphonique. 29-IX-2022. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n° 5 en ut mineur op. 67 ; Concerto pour piano et orchestre n° 4 en sol majeur op. 58 ; Unsuk Chin (née en 1961) : Subito con forza ; Kaija Saariaho (née en 1952) : Ciel d’hiver. Su Yeon Kim, piano. Orchestre Symphonique de Montréal, direction : Osmo Vänskä

En associant grand répertoire et modernité, le chef finlandais reste fidèle à ses convictions et revient à Montréal, après 25 ans d’absence, pour diriger la phalange québécoise dans un programme contrasté appariant Beethoven, et .

Ce concert célèbre un double retour : celui d’ (depuis 1998) sur la scène de la Maison Symphonique de Montréal en même temps que le premier concert en tant que soliste de la jeune pianiste sud-coréenne , lauréate du Concours musical de Montréal en 2021. Construit autour de Beethoven (Concerto pour piano n° 4 et Symphonie n° 5) le programme d’une grande cohérence thématique associe également deux pièces reflétant la musique d’aujourd’hui avec Subito con forza de la compositrice sud-coréenne et Ciel D’hiver de la finlandaise .

Subito con forza est une courte pièce composée par Unsuk Chin en 2020 à l’occasion de la célébration du 250e anniversaire de la mort de Beethoven ; pièce très contrastée et rythmique qui exalte toute l’énergie beethovénienne dans de volcaniques éruptions de timbres, de résonances et d’effets orchestraux avant de se résoudre dans une apaisante sérénité. On y admire la précision de la direction d’Osmo Vänskä comme la réactivité de la phalange canadienne (percussions éclatantes, petite harmonie sautillante et cordes virevoltantes).

Dans une éloquente mise en miroir, toute en contrastes, Ciel d’hiver de Kaija Saariaho nous séduit, a contrario, par ses sonorités planantes : sorte de nocturne tout inspiré de rêve, de mystère et de contemplation, cette pièce fut composée en 2014 à partir du deuxième mouvement de la trilogie Orion (2002). Véritable musique des sphères Saariaho y « décrit » le chasseur céleste dans un statisme orchestral (pédale de cordes) d’où émergent successivement différents solos instrumentaux (piccolo, violon solo, clarinette, trompette, harpe, violoncelle) associés à une féérie de timbres scintillants (percussions, célesta) dont la poésie et l’élégance n’est pas sans rappeler certains mobiles de Calder. On est là encore séduit par la direction d’Osmo Vänskä qui parvient à concilier micro et macrocosme en intégrant les détails d’une orchestration foisonnante dans un flux musical continu envoutant et hypnotique.

S’insérant entre ces deux pièces, deux compositions de Beethoven, quasiment contemporaines créées en 1808, alimentent encore le contraste qui reste le maitre mot de cette soirée. Si le Concerto pour piano n° 4 met immédiatement en avant le jeu fluide et élégant de en parfait accord avec le lyrisme contenu de l’orchestre lors de l’Allegro initial se terminant par une cadence très poétique plus chantante que virtuose, l’Andante en revanche affirme d’emblée une gravité majestueuse et solennelle (cordes) sous la baguette du chef finlandais tandis que la soliste se plonge dans une méditation douloureuse parsemée de notes égrenées et de silences habités. Le Rondo Vivace retrouve orchestre et soliste réunis dans un dialogue brillant et expressif soutenu par un remarquable pupitre d’altos.

Spécialiste du répertoire nordique (Intégrale de symphonies de Sibelius et Nielsen entre autres…) Osmo Vänskä a également gravé entre 2004 et 2008 une Intégrale des symphonies de Beethoven avec l’Orchestre Symphonique du Minnesota dont il fut le directeur musical durant 19 ans. Il donne, ce soir, une interprétation fougueuse, puissante, quasi expressionniste par l’exacerbation des nuances dynamiques de la Symphonie n° 5 qui voit se succéder un Allegro haletant, très nuancé, tendu, scandé par de véhémentes timbales, un Andante empreint de sérénité où se distinguent tout particulièrement le quatuor de cordes (altos et violoncelles), le basson et de beaux contrechants de la petite harmonie, un Allegro très rythmique parfaitement mis en place avant un Finale recrutant le tutti dans une péroraison triomphale concluant de belle manière cette remarquable interprétation exaltée par un OSM chauffé à blanc !

Crédit photographique : © Antoine Saito

 

 

 

(Visited 320 times, 1 visits today)

Plus de détails

Canada. Montréal. Maison symphonique. 29-IX-2022. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n° 5 en ut mineur op. 67 ; Concerto pour piano et orchestre n° 4 en sol majeur op. 58 ; Unsuk Chin (née en 1961) : Subito con forza ; Kaija Saariaho (née en 1952) : Ciel d’hiver. Su Yeon Kim, piano. Orchestre Symphonique de Montréal, direction : Osmo Vänskä

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.