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Deux jeunes ensembles mis en avant par les Éditions Ambronay

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Il n’y a pas d’amour heureux. Œuvres de Giovanni Girolamo Kapsberger (c.1580-1651), Gregorio Strozzi (1615-1687), Luigi Rossi (c.1597-1653), Alessandro Piccinini (1566-1638), Tarquino Merula (c.1595-1665), Mario Savioni (1609-1685), Riccardo Rognoni (c.1550-1620), Giovanni Salvatore (?-1688), Angelo Michele Bartolotti (1615-1681), Bellerofonte Castaldi (c.1580-1649), Claudio Monteverdi (1567-1643), Georges Brassens (1921-1981). Ensemble La Palatine : Marie Théoleyre, soprano ; Noémie Lenhof, viole ; Nicolas Wattinne, théorbe et guitare baroque ; Guillaume Haldenwang, clavecin et orgue ; Laurent Sauron, percussions. 1 CD Ambronay. Enregistré à Jujurieux en avril 2022. Livret en français, anglais et allemand. Durée : 59:41

Ensaladas. Mateo Fletcha « El Viejo » (c.1481-1553). Ensemble Cantoria : Inès Alonso, soprano ; Oriol Guimera, alto ; Jorge Losana, ténor et direction artistique ; Valentin Miralles, basse. 1 CD Ambronay. Enregistré à Jujurieux en février 2022. Livret en français, anglais et allemand. Durée : 54:17

 

et Cantoria : deux quatuors de musique ancienne, récompensés par le projet européen Eeemerging, à qui Ambronay offre l’opportunité d’enregistrer leur premier disque.

Révélé lors de l’édition 2021 du Festival d’Ambronay, le jeune ensemble réunit Noémie Lenhof (viole), Nicolas Wattinne (théorbe et guitare) et Guillaume Haldenwang (clavecin et orgue) autour de la soprano . Leur premier disque nous emmène à travers l’Italie du XVIIᵉ siècle, autour du thème « Il n’y a pas d’amour heureux » qui paraphrase une chanson de Brassens (sur un texte d’Aragon). Le programme est intelligemment construit, avec une alternance de pièces vocales et instrumentales, et d’habiles transitions. Mais était-ce bien utile de terminer par la chanson de Brassens après un très poignant Lamento d’Arianna de Monteverdi ? La voix de la chanteuse fait preuve d’une belle théâtralité dans ce répertoire où l’expressivité est le maître-mot.

En miroir du Lamento d’Arianna, on découvre un Lamento de Zaïda Turca de , moins connu et plein d’émotion. Deux madrigaux burlesques (du même Rossi et de Merula) sont bienvenus et permettent de découvrir un autre versant du talent de . Si la voix est un peu verte dans les aigus, la déclamation des affetti est remarquable. Les trois instrumentistes viennent alternativement sur le devant de la scène. Trois pièces de Piccinini pour le théorbe s’enchaînent avec bonheur, et les ritournelles au clavecin dans El me tira de Merula ponctuent agréablement un texte qui balance entre élégie et comique. Les diminutions à la viole sur Anchor che col partire se distinguent particulièrement ; Noémie Lenhof nous offre aussi un autre aperçu de son art dans une sonate de Castaldi.

Typiques de la musique profane de la Renaissance espagnole, les Ensaladas (« salades ») de sont des pièces vocales à quatre ou cinq voix qui mélangent différents dialectes agrémentés d’onomatopées et d’effets burlesques, à l’exemple des « fricassées » françaises à la même époque. Maître de chapelle à la cour de Charles Quint, Fletcha s’amuse dans ce compositions à faire dialoguer le Bien et le Mal, à opposer Lucifer à l’armée des chrétiens, à décrire des batailles imagées pleines de bruit et de fureur, avant de ramener à la crèche dans la paix de Noël. Dans ces musiques hautes en couleurs et en contrastes, la verve des chanteurs fait assaut de spontanéité. Chantant dans leur langue maternelle, les quatre membres de l’ offrent une déclamation précise, qui permet de parfaitement théâtraliser ces scènes de genre, en particulier les imitations des fanfares ou les mugissements du taureau luciférien. La technique vocale est parfaite ; toutefois, on aurait pu souhaiter un grain de folie supplémentaire pour rendre toute l’exubérance de ce répertoire bariolé.

On se réjouit de découvrir de nouveaux talents grâce à ce programme Eeemerging destiné aux jeunes ensembles. On ne manquera pas de les suivre.

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Il n’y a pas d’amour heureux. Œuvres de Giovanni Girolamo Kapsberger (c.1580-1651), Gregorio Strozzi (1615-1687), Luigi Rossi (c.1597-1653), Alessandro Piccinini (1566-1638), Tarquino Merula (c.1595-1665), Mario Savioni (1609-1685), Riccardo Rognoni (c.1550-1620), Giovanni Salvatore (?-1688), Angelo Michele Bartolotti (1615-1681), Bellerofonte Castaldi (c.1580-1649), Claudio Monteverdi (1567-1643), Georges Brassens (1921-1981). Ensemble La Palatine : Marie Théoleyre, soprano ; Noémie Lenhof, viole ; Nicolas Wattinne, théorbe et guitare baroque ; Guillaume Haldenwang, clavecin et orgue ; Laurent Sauron, percussions. 1 CD Ambronay. Enregistré à Jujurieux en avril 2022. Livret en français, anglais et allemand. Durée : 59:41

Ensaladas. Mateo Fletcha « El Viejo » (c.1481-1553). Ensemble Cantoria : Inès Alonso, soprano ; Oriol Guimera, alto ; Jorge Losana, ténor et direction artistique ; Valentin Miralles, basse. 1 CD Ambronay. Enregistré à Jujurieux en février 2022. Livret en français, anglais et allemand. Durée : 54:17

 
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