Festival d’Aix-en-Provence 2026 sous le signe des chemins de vie
La prochaine édition 2026 du Festival d'Aix-en-Provence sera encore celle de Pierre Audi. Ce n'est réellement qu'en 2028 que le nouveau directeur général à compter du 1er janvier prochain, Ted Huffman, imprimera complètement sa marque, en priorisant les jeunes et la création, dit-il à la presse ce matin. Pour l'heure c'est Timothée Picard, conseiller artistique du festival, qui présente l'édition à venir.
Epreuves de vie, parcours initiatiques « en quête d'humanité » sont le fil rouge de la programmation. Cinq spectacles en version scéniques sont proposés, dont une reprise.
Une nouvelle production de La Flûte enchantée (après celle de Simon McBurney) verra réunis, après Les Indes galantes, le tandem Leonardo García-Alarcón / Clément Cogitore. Le metteur en scène se dit « ensorcelé » par l'œuvre et son ambivalence et proposera pour la servir un dispositif léger « entre tréteaux et lanterne magique ». Sabine Devieilhe y sera la Reine de la Nuit, Brindley Sherratt, Sarastro.
Entre conte et drame, La Femme sans ombre sera mise en scène par Barrie Kosky, de façon épurée, précise le metteur en scène qui sera présent à Aix pour la quatrième fois. En revanche ce sera une première pour Klaus Mäkelä qui descendra dans la fosse pour diriger le Chœur et l'Orchestre de Paris. Michael Spyres, Vida Miknevičiūtė, Nina Stemme, Brian Mulligan, Tamara Wilson y seront à l'affiche.
En création mondiale Accabadora de Francesco Filidei fera l'événement. L'œuvre s'inspire du roman éponyme de l'écrivaine sarde Michela Murgia avec lequel le compositeur entretient un lien très personnel, par le biais de sa grand-mère. Mis en scène et scénographié par Valentina Carrasco (à qui l'on doit Nixon in China à Paris et Fidelio à Bordeaux), cet opéra de chambre en un acte présente un mélange de vie et de mort avec un personnage bien particulier de la culture sarde entre traditions bien ancrées et légendes, une vieille femme aidant les malades à trépasser. Lucie Leguay y dirigera l'Orchestre de l'Opéra de Lyon.
El Cimarrón de Hans Werner Henze (dont on fêtera le centenaire de la naissance) sera donné pour la première fois à Aix. Cette pièce de théâtre musical, pour quatre musiciens et d'une durée réduite, avec pour thème l'histoire vraie de la fuite de l'esclave Esteban Montejo, à Cuba à la fin du XIXe siècle, sera mis en scène par Elayce Ismail et interprété par le baryton Eric Greene.
Le Requiem de Mozart dirigé par Raphaël Pichon et mis en scène par Romeo Castellucci en 2019, pour l'ouverture du premier mandat de Pierre Audi, sera repris, avec un parcours narratif complété, en phase avec la marche chaotique du monde.
En version de concert, Les Vêpres siciliennes dirigées par Daniele Rustioni avec Karine Deshayes qui fera ses débuts dans le rôle de la duchesse Hélène et Le Château de Barbe-bleue, dirigé de nouveau par Klaus Mäkelä avec Gerald Finley dans le rôle-tire.
Des récitals complèteront la programmation avec la venue de Sonya Yoncheva accompagnée par la Cappella Mediterranea, Benjamin Bernheim dans un programme alliant mélodies et airs d'opéra, Michael Spyres dans Wagner, Strauss et Duparc, Ailyn Pérez pour la première fois à Aix, interprétant les grandes héroïnes, et aussi Stéphane Degout avec Pygmalion.
L'an dernier 64 000 billets ont été édités, dont 18% pour les jeunes. Pour l'édition à venir, la billetterie qui ouvrira le 27 janvier proposera 39% de billets à moins de 60€. (NF)











