Audio, Musique de chambre et récital, Parutions

Délicates rencontres du Quatuor Ardeo et du marimba de Vassilena Serafimova

Plus de détails

Melodies in a Bottle. Jean Cras ((1879-1932) : Quintette pour flûte, violon, alto, violoncelle et harpe (arr. Vassilena Serafimova). Claude Debussy (1862-1918) : Danses sacrée et profane pour harpe et cordes (arr. Quatuor Ardeo et Vassilena Serafimova). Arvo Pärt (né en 1935) : Fratres (version pour quatuor à cordes 1985/1989). Antonio Vivaldi (1678-1741) : Le quattro Stagioni, L’Estate RV 315 (arr. Quatuor Ardeo et Vassilena Serafimova). Erik Satie (1866-1925) : Pièces froides, Danses de travers (arr. Vassilena Serafimova). George Gershwin (1898-1937) : Fascinating Rythm, Chinese Blues, The Man I Love (arr. Hristo Yotsov). Vassilena Serafimova, marimba, vibraphone. Quatuor Ardeo. 1 CD La Dolce Volta. Enregistré à Arsonic, La Maison de l’écoute à Mons (Belgique) du 18 au 20 octobre 2024. Notice de présentation en français, anglais, allemand et japonais. Durée : 68:50

Partager
 

Le quatuor à cordes Ardeo s'associe avec le marimba de pour un délicat voyage sonore où se télescopent , , , mais aussi Vivaldi, Pärt et Gershwin.

Depuis , on sait que l'association des cordes et des seules percussions peut donner naissance à de fabuleux alliages sonores. Le et la percussionniste proposent une option plus intimiste, en associant le son percussif et ouaté du marimba à la densité harmonique d'un quatuor à cordes. L'équilibre peut paraître délicat, mais le pari est plutôt réussi dans ce nouveau disque Melodies in a Bottle, qui ouvre de nouveaux univers sonores en revisitant un répertoire assez original.

Tout commence en effet avec le merveilleux Quintette pour flûte, violon, alto, violoncelle et harpe de , transposé pour quatuor à cordes et marimba. L'œuvre de ce musicien voyageur est étroitement associée à l'univers marin. Les « liquidités » de la harpe sont ici judicieusement compensées par les sonorités évanescentes du marimba. L'instrument se fond ainsi avec douceur dans les arpèges introductifs du quintette, comme autant de gouttes rayonnantes. Louons les pulsations délicates, la souplesse du jeu de qui ne dénature jamais la grâce debussyste du quintette de . Le marimba n'est pas ici un intrus, il apporte au contraire de nouvelles couleurs et une dimension rythmique inédite, sans jamais s'imposer au détriment des cordes. Un équilibre parfaitement tenu avec le tout au long de ce disque. Quelques touches orientalisantes peuvent également se faire sentir, comme dans le deuxième mouvement Animé, où le marimba apporte une touche très ravélienne proche du Laideronnette impératrice des pagodes de Ma Mère l'Oye.

La transition est parfaitement trouvée avec l'adaptation des  Deux danses (Danse sacrée et Danse profane) de . Le marimba prend ici encore la place de la harpe, dans une transcription assez fidèle à l'originale. Le côté antique de la musique y est accentué par la sonorité « exotique » du marimba, peut-être au détriment du mystère.

Le seul s'empare ensuite de la version pour cordes du Fratres d'. Le compositeur estonien a réalisé de nombreux arrangements de cette pièce envoûtante. Une épure minimaliste où les changements de couleurs semblent imperceptibles. C'est aussi un véritable challenge de maîtrise harmonique pour un quatuor à cordes, brillamment relevé par le Quatuor Ardeo.

L'arrangement pour marimba et quatuor de L'Eté, extrait des célébrissimes Quatre Saisons d' peut apparaître un peu plus « gadget ». Ce tube de la musique baroque a déjà subi moults adaptations. Sans trahir l'énergie et la beauté de la version d'origine, cette réduction à cinq n'apporte rien de particulier, d'autant plus que le marimba s'y fait relativement discret, sauf pour renforcer les staccatos des mouvements rapides.

Beaucoup plus originales et intéressantes sont les adaptations pour marimba seul des Pièces froides, Danses de travers d'. Avec ses sonorités de balafon africain, le marimba de Vassilena Serafimova apporte une dimension encore plus irréelle et intemporelle à ces pièces répétitives et énigmatiques. Un instant suspendu absolument magnifique.

Le disque se conclut avec l'adaptation de trois mélodies de . La souplesse et l'élégance du Quatuor Ardeo associé au marimba, se coulent à merveille dans les savoureux déhanchements de Fascinating Rythm, le chic rétro de Chinese Blues et la sensualité de The Man I Love.

Conclusion festive pour ces Melodies in a Bottle rescapées d'un joli voyage musical.

(Visited 1 times, 1 visits today)
Partager

Plus de détails

Melodies in a Bottle. Jean Cras ((1879-1932) : Quintette pour flûte, violon, alto, violoncelle et harpe (arr. Vassilena Serafimova). Claude Debussy (1862-1918) : Danses sacrée et profane pour harpe et cordes (arr. Quatuor Ardeo et Vassilena Serafimova). Arvo Pärt (né en 1935) : Fratres (version pour quatuor à cordes 1985/1989). Antonio Vivaldi (1678-1741) : Le quattro Stagioni, L’Estate RV 315 (arr. Quatuor Ardeo et Vassilena Serafimova). Erik Satie (1866-1925) : Pièces froides, Danses de travers (arr. Vassilena Serafimova). George Gershwin (1898-1937) : Fascinating Rythm, Chinese Blues, The Man I Love (arr. Hristo Yotsov). Vassilena Serafimova, marimba, vibraphone. Quatuor Ardeo. 1 CD La Dolce Volta. Enregistré à Arsonic, La Maison de l’écoute à Mons (Belgique) du 18 au 20 octobre 2024. Notice de présentation en français, anglais, allemand et japonais. Durée : 68:50

Partager
 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.