La contrebasse chante avec Marc André
À seulement 23 ans, Marc André revendique dans son premier album Mirage, la contrebasse en tant qu’instrument soliste. C’est un programme riche et séduisant qu’offre cet artiste de premier plan déjà récompensé en 2023 par un Prix ICMA Classeek.
Premier contrebassiste au monde à signer un contrat d’exclusivité avec Warner Classics, le Franco-autrichien Marc André compte bien changer la place de son instrument pour le positionner sur le devant de la scène. Dans ce premier album, l’éclectisme de sa sélection musicale se justifie simplement par le possible déploiement de la vocalité de la contrebasse dans les morceaux choisis… Avec réussite ! Marc André a privilégié les longues lignes mélodiques selon des musiciens qui les ont consacrées à des chanteurs (Debussy, Fauré), ou dont l’écriture témoigne d’un grand sens du lyrisme (Tchaïkovski, Kreisler). La musique de cinéma élargit la palette sonore de l’album, tout comme les consonnances du tango argentin de Piazzolla.
Pour faire évoluer la projection sonore de l’instrument, Marc André joue selon un son direct et se pare d’une cinquième corde plus aiguë pour renforcer la clarté, cette nouvelle tessiture lui ouvrant l’accès à d’autres répertoires. Pour les amoureux des cordes graves, le velouté de jeu et la profondeur du timbre sont bien au rendez-vous à l’image de l’Andantino quietoso de César Franck, qui bénéficie également de la sérénité du piano de Véronique Patricia Teruel, alors que les graves de la Danza española n°1 de Manuel de Falla offre un tempérament ardent avec la guitare de Gabriel Bianco, résonnant avec les effets de danse de Nightclub, 1960 de Piazzolla en début d’écoute.
Les arrangements sont menés par l’interprète alors que le guitariste Gabriel Bianco signe ceux dédiés à son instrument à cordes pincées. Même sur les pages les plus connues, ils donnent à la contrebasse un naturel enthousiasmant, avec un Clair de Lune de Claude Debussy large de tessiture comme de sensibilité. Le chant de la contrebasse est mené sereinement dans Träumero n°7 de Robert Schumann, empreint de poésie et d’inspiration, le vibrato mesuré dans Elegy de Vladimir Soltan soulignant cette douceur nostalgique.
Voilà un contrebassiste français qui choisit avec audace une carrière de soliste plutôt qu’une carrière d’orchestre.
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