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Don Pasquale à Rennes : séduisant menu de fêtes

La Scène, Opéra, Opéras

Rennes. Opéra. 1-I-2016. Gaetano Donizetti (1797-1848) : Don Pasquale, opera buffa en 3 actes sur un livret de Giovanni Ruffini. Mise en scène : Sandro Pasqualetto. Décors et costumes : Valentina Bressan. Lumières : Marc Delamézière. Avec : Christophoros Stamboglis, Don Pasquale ; Marc Scoffoni, Malatesta ; Julien Behr, Ernesto ; Angela Nisi, Norina ; Jean-Vincent Blot, le notaire. Chœur de l’Opéra de Rennes (direction : Gildas Pungier), Orchestre Symphonique de Bretagne, direction : Tito Ceccherini.

DON PASQUALE©François Berthon - 934La recette est simple pour réussir le spectacle idéal de fêtes de fin – et de début – d’année. Prenez Don Pasquale chef-d’œuvre de Donizetti qui conclut avec un humour et une grâce infinis le règne de l’opera buffa, faites appel à un metteur en scène qui a parfaitement compris les ressorts du genre et sert l’ouvrage avec autant de tact que de fantaisie, réunissez enfin des chanteurs aussi doués pour la comédie que pour la virtuosité : l’affaire est dans le sac et le succès de la matinée assurée.

Nous avions apprécié sans réserve cette production, inspirée du cinéma italien des années 1950, lors de sa création à l’Opéra de Tours en 2011. Elle nous revient avec le même dispositif scénique – quoique cette fois délesté de son impressionnante galerie de tableaux – astucieux et élégant, signé par Valentina Bressan, qui permet d’évoquer aussi facilement une place de village, l’intérieur bourgeois de Don Pasquale ou le jardin. Le ballet des figurants demeure, très présent mais jamais encombrant, et la direction d’acteurs conjugue à nouveau inventivité et précision, ne visant que le plaisir des spectateurs. Cette mise en scène animée et spirituelle a de plus le mérite de ne jamais basculer dans la charge.

joue de sa basse joliment étoffée et de ses rondeurs pour camper un Don Pasquale qui atteint le grandiose dans le pathétique et parvient à garder une certaine dignité jusque dans le ridicule. dispose d’un instrument corsé qui permet déjà de l’imaginer dans un autre répertoire, mais sa délicieuse rouerie et ses traits de virtuosité lui permettent d’emporter la mise en Norina. Le timbre et la technique de conviennent parfaitement à Ernesto, qu’il chante avec un charme et une vaillance certaines, et un registre aigu limpide.

Habitué de la scène rennaise, confirme ses étonnants progrès et mène le jeu en Malatesta avec autant d’élégance scénique que stylistique. exagère le contraste dans l’ouverture mais sert parfaitement ensuite la séduction mélodique et rythmique de l’ouvrage, à la tête d’un orchestre en grande forme et de chœurs parfaitement réglés. Tout est fort drôle et joliment interprété.

Crédit photographique : (Norina) (Malatesta) © François Berthon

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