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La magie du théâtre musical anglais ressuscitée par le Caravansérail

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Oeuvres d’Henry Purcell (1659-1695), Matthew Locke (c.1621-1677), Giovanni Battista Draghi (c.1640-1708), Samuel Akeyrode (1684-1706), Louis Grabu (1665-1694), John Blow (1649-1708), Christopher Gibbons (1615-1676), James Hart (1647-1718). Rachel Redmond, soprano. Ensemble le Caravansérail. Bertrand Cuiller, direction et clavecin. 1 CD Harmonia Mundi. Enregistré au théâtre de Caen en novembre 2016. Durée: 66’04 »

 

A-Fancy-DigipackDans ce disque intitulé A Fancy, fantasy on English airs and tunes, en cinq tableaux imaginaires, les musiciens de Caravansérail, dirigés par , restituent les fastes musicaux du théâtre londonien de la deuxième moitié de XVIIe siècle. Disons-le d’emblée : la conception de ce programme est d’une parfaite intelligence pour nous donner à découvrir ce répertoire trop peu connu.

Après les années d’austérité instaurées par Cromwell, l’époque de la Restauration a vu fleurir la renaissance du théâtre musical à Londres. Dès les années 1660, la musique a investi les théâtres d’abord sous forme ornementale entre chaque acte, puis plus intimement liée à l’intrigue dans l’opéra dramatique, en associant musique, danse et décors à machines. À la fin du siècle, l’influence du style lulliste s’est imposée avec l’arrivée de musiciens français à la cour de Charles II. C’est l’époque où Purcell a triomphé avec ses opéras dramatiques dont nous entendons de nombreux exemples dans cet enregistrement.

Ce qu’il y a de remarquable dans ce programme, c’est que les interprètes nous donnent presque autant à voir qu’à entendre, tellement est bien rendue la théâtralité de cette musique. La voix si expressive de participe amplement à cette féérie. Car, au-delà de ses qualités vocales et d’une diction parfaite, elle témoigne d’un exceptionnel sens de la dramaturgie.

L’instrumentarium du continuo varie judicieusement selon le caractère des pièces, passant de la plus remarquable luxuriance dans les pièces instrumentales, à une subtile retenue dans les pièces vocales les plus expressives. Le meilleur exemple en est le célèbre air O solitude, où une basse de violon et un théorbe seuls déroulent un délicat tapis sous les accents touchants de la voix. À noter, le choix judicieux du basson se mariant subtilement à l’accompagnement des cordes pincées. Souhaitons que nous offre encore d’autres découvertes de cette qualité.

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