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Un Pelléas et Mélisande de Debussy passable à l’Opéra de Malmö

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Claude Debussy (1862-1918) : Pelléas et Mélisande, opéra en 5 actes sur un livret de Maurice Maeterlinck. Mise en scène : Benjamin Lazar. Décors : Adeline Caron. Costumes : Alain Blanchot. Lumières : Mael Iger. Avec : Marc Mauillon, Pelléas ; Jenny Daviet, Mélisande ; Laurent Alvaro, Golaud ; Stephen Bronk, Arkel ; Emma Lyrén, Geneviève ; Julie Methevet, Yniold ; Stefano Olcese, Médecin, Berger. Orchestre et Chœur de l’Opéra de Malmö, direction : Maxime Pascal. Corentin Leconte, réalisation. 2 DVD Bel Air classiques. Enregistré en mai 2016 à l’Opéra de Malmö. Durée : 100′ et 78′

 

DVDPelléas et Mélisande est bien un opéra qui ne ressemble à aucun autre. De nos jours encore, l’œuvre singulière de Claude Debussy dérange autant qu’elle fascine.

La fluidité rythmique, l’absence de mètres réguliers, l’abondance des non-dits, la recherche d’une expression sonore de l’intimité, les incessants va-et-vient entre fragilité et irréalité, la prédominance de l’ombre, sont autant de paramètres d’une extrême difficulté de mise en place. Dans l’honorable représentation filmée à l’Opéra de Malmö (Suède), ces impératifs n’atteignent jamais à l’excellence, sans que le spectacle démérite franchement. Le jeu des chanteurs, parfois insuffisamment abouti, ne parvient pas à transcender les expressions familières du texte, et la mise en scène statique exige beaucoup d’imagination de la part du spectateur, de même que l’immuabilité des décors. En vérité, on a un peu de mal à croire à la véracité de la situation, ce qu’accentue le dépouillement vocal voulu par Debussy, qui relève d’une exigence effroyablement ardue à satisfaire.

Heureusement, le chef français maîtrise parfaitement l’orchestre de l’Opéra de Malmö, et assure à lui seul une grande partie de la réussite de l’entreprise. Les inflexions mélodiques délicates et la précision des pupitres constituent le ciment unificateur du spectacle. La distribution, principalement francophone, fait difficilement oublier la diction très approximative et trop appliquée des autres chanteurs ( et ). La Mélisande de , angélique et diaphane, manque de tempérament et de second degré, ce qui n’est nullement le cas de Golaud, incarné par , magnifique caractère emporté, violent et très présent. Le Pelléas de s’avère séduisant, poétique, presque naïf et juvénile, complexe donc, et bien en place. Quant à la mise en scène de , elle ne manque pas d’opacité, et les costumes seventies, sans heurter de front, ne sont pas du meilleur goût.

Une production certes perfectible, mais appliquée et attrayante, qui propose nombre de facettes distinctes et complémentaires à l’excellente version dirigée par Marc Minkowski et mise en scène par Olivier Py à Locarno en 2008.

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