Fondation Bettencourt megaban2018

Le Barbier de Séville par Laurent Pelly au Théâtre des Champs-Élysées

La Scène, Opéra, Opéras

Paris. Théâtre des Champs Elysées. 8-XII-2017. Gioacchino Rossini (1792-1868) : Il Barbiere di Siviglia, opéra-bouffe sur un livret de Cesare Sterbini. Mise en scène, costumes, scénographie : Laurent Pelly. Avec : Michele Angelini, Le Comte Almaviva ; Peter Kalman, Bartolo ; Catherine Trottmann, Rosina ; Florian Sempey, Figaro ; Robert Gleadow, Basilio ; Annunziata Vestri, Berta ; Guillaume Andrieux, Fiorello ; Stéphane Facco, Ambrogio. Choeurs Unikanti (chef de chœur : Gaël Darchen). Le Cercle de l’Harmonie, direction : Jérémie Rhorer.

BarbierLe Théâtre des Champs-Élysées, en coproduction avec l’Opéra National de Bordeaux, l’Opéra de Marseille et le Théâtre de la Ville de Luxembourg, monte une très belle production du Barbier de Séville avec deux distributions dont la première d’entre elles emporte l’adhésion par la fraîcheur de la mise en scène de et l’esprit des chanteurs.

rend un véritable hommage à la musique dans sa scénographie en parsemant son discours scénique de pages de musique sur lesquelles Figaro écrit les notes de musique (comme dans la sérénade du Comte Almaviva) ou dispose à la fin du deuxième acte sur les portées musicales des noires et des blanches tombées des cintres, illustrant le rôle du barbier dirigeant l’action et qui est le véritable maître de cérémonie de la farce. Les pages de musique sont également enroulées pour former la prison dorée de Rosina, ou bien déployées tel un tapis sur lequel on vient se reposer dans le dénouement final de l’opéra. La séparation des espaces se fait par des touches de piano verticalisées comme rideau de scène ou bien par des portées musicales au travers desquelles on peut passer. La mise en scène est efficace, délimitant judicieusement les différents tableaux et suscitant toujours une certaine attention dans cet opéra plutôt intimiste de Rossini, avec un ajout tout juste mesuré des gags. Les costumes et les lumières n’étant pas tout à fait empreints de luminosité sévillane, a pu compter sur une équipe vocale scintillante.

s’enroule désormais dans l’étoffe des grands barytons français, ce qui ne l’empêche pas de maîtriser la souplesse du chant rossinien qui correspond à son naturel jovial. Sur l’ensemble de la tessiture, il présente un parfait contrôle de sa voix : véritable joie que de l’entendre se faire plaisir avec tant de facilités ! La Rosina de est à l’image de son physique : juvénile, un rien piquante, et parfois un peu trop mince. C’est surtout dans le deuxième acte qu’elle est la plus intéressante, sa capacité à jouer semblant plus évidente qu’au premier acte où elle est bien plus conventionnelle.

est un ténor rossinien en puissance. Il emporte avec une grande fièvre les vocalises terribles du rôle du Comte Almaviva et l’on ne peut résister au Cessa di più resistere. Le timbre est particulièrement élégant et le phrasé très correct. Il manque peut être juste un peu de projection et de brillance dans l’aigu qui lui ouvriraient à ce moment là les portes de toutes les œuvres rossiniennes et une carrière prestigieuse.

Enfin, comme toujours avec , l’équilibre délicat entre la fosse et le plateau est parfaitement respecté, et le chef sait se montrer attentif aux capacités vocales de ses chanteurs. Il parvient à être convaincant dans un Rossini dont le ton amène parfois d’autres formations musicales à le transformer en accompagnement circassien.

Crédit photographique : © Vincent Pontet

tous les dossiers(1)

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.