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Lalande par Vincent Dumestre : ferveur du grand motet versaillais

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Majesté. Michel-Richard de Lalande (1657-1726) : Grands motets Deitatis majestatem, Ecce nunc benedicite et Te Deum. Emmanuelle de Negri, Dagmar Šašková, Sean Clayton, Cyril Auvity, André Morsch, Ensemble Aedes (Mathieu Romano), Le Poème Harmonique, direction : Vincent Dumestre. 1 CD Alpha-Classics. Enregistré en mai 2017 à la chapelle du château de Versailles. Livret français, anglais, allemand. Durée: 74:32

 

majesté_lalandeAprès avoir enregistré les Te Deum de Lully et Charpentier, est de retour à la Chapelle Royale de Versailles pour nous donner à entendre trois grands motets de Lalande dans le lieu même où ils ont été entendus à l’époque.

Nommé en 1683 à la Chapelle Royale, compose soixante-dix-sept grands motets pendant les quarante ans qu’il passe au service du roi, ce qui fait de lui le maître du genre et porte haut sa réputation jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. Compositeur favori du roi, il renouvelle l’écriture orchestrale de Lully en mettant en valeur des instruments solistes au sein de ses œuvres chorales. L’office royal quotidien se déroulait selon un rite immuable, destiné à magnifier la présence du monarque : pendant qu’une messe basse était dite à l’autel, les musiciens de la Chapelle exécutaient des motets sur la tribune face au roi.

Les grands motets avec symphonie donnent une véritable image sonore de la majesté des lieux et de l’instant, le plus somptueux de tous étant le Te Deum, qui souligne avec éclat les plus grandes réjouissances de la vie de la cour. Le Te Deum de Lalande, composé en 1684 et plusieurs fois remanié, est celui qui sera le plus joué à Versailles, à Paris et dans toute la France jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, passant de l’église au Concert Spirituel où il fut donné plus de trente fois.

Pour cet enregistrement, a réuni l’orchestre du Poème Harmonique en grand effectif, l’excellent ensemble vocal Aedes de , et , , , et , cinq des meilleurs solistes vocaux du moment. Le résultat sonore est d’une grande plénitude : petit chœur de solistes, grand chœur et symphonie instrumentale alternent en une magnifique fresque où les affects du textes sont parfaitement soulignés. À remarquer, l’accompagnement judicieux du basson, très présent tout au long du programme et particulièrement expressif dans l‘Aeternae fac cum sanctis du Te Deum. Dans le deuxième motet, Ecce nunc benedicite, deux chœurs jubilatoires encadrent un émouvant récit des solistes souligné par les instruments. Ici encore, le basson fait merveille. La version du Te Deum choisie par Vincent Dumestre s’appuie sur un manuscrit de Lalande où chaque section est précisément minutée, ce qui donne un renseignement précieux sur les tempi de l’époque.

Un disque qui fera date dans le paysage du grand motet versaillais et qui porte bien son titre : Majesté.

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