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Un libertin à New York

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Paris. Théâtre des Champs-Elysées. 28-XI-01. Igor Stravinsky : The Rake’s Progress. Gregory Reinhart, Dorothee Jansen, Thomas Randle, David Pittsinger, Gwendolyn Killebrew, Natascha Petrinsky, Peter Hoare, Ludovic Dutoit. Chœur du Théâtre des Champs-Elysées. Orchestre National de France. Direction : Jonathan Darlington. Mise en scène : André Engel. Dramaturgie : Dominique Muller. Décors : Nicky Rieti. Costumes : Nicky Rieti, Nicole.Galerne. Lumières : André Diot.

The Rake’s Progress

C’est dans une atmosphère de bande dessinée qu’ a transposé l’opéra d’, The Rake’s Progress, dans lequel le compositeur russe rend un hommage appuyé au XVIIIe siècle. Loin de l’adaptation de présentée voilà quelques saisons Théâtre du Châtelet qui déroulait l’action dans une prison californienne, le metteur en scène français, en dépit des apparences, se situe davantage dans l’esprit de la production de John Cox proposée voilà près d’un quart de siècle à Glyndebourne, elle-même respectueuse du climat des gravures de Hogarth qui ont servi de modèle à Stravinsky et à son librettiste, W. H. Auden. Mêlant les légendes de Faust et de Don Juan, qui inspirent à Stravinsky un creuset d’influences stylistiques, de Haendel à Verdi en passant par Gluck et Mozart, l’histoire est intelligemment servie par Engel dans cette production créée Lausanne en 1999 qui place l’action dans le New York de l’immédiat après guerre. Les décors néo-réalistes de Nicki Rieti d’une beauté toute démoniaque font irrésistiblement penser à quelque aventure de Tintin, avec notamment un cabaret de Broadway où le jeune Tom se fait déniaiser par une Mrs Goose parodiant quelque Rita Hayworth « black », et un hôtel Plazza où le libertin épouse Baba la Turque sous les flashs des paparazzi. La descente aux enfers passe par une gare obscure du Far West où le diable meurt électrocuté par une lampe traitresse sur le seuil d’une baraque de chercheur d’or et se conclut dans un champ de pâquerette d’un hôpital psychiatrique, la mise en scène associe humour et gravité avec un naturel confondant. La direction raffinée mais manquant un peu de tension dramatique de rend bien les couleurs si particulières de cette musique de chambre dans laquelle l’ excelle. Quant aux chanteurs, ils se montrent tous remarquables comédiens, et, sur le plan vocal, seule Dorothee Jansen, Anne Trulove au demeurant émouvante, s’avère par trop discrète, l’orchestre la couvrant constamment en dépit des efforts soutenus du chef. est en revanche un Tom Rackwell juvénile à la voix rayonnante, et un Nick Shadow très en verve, tous deux formant un duo parfaitement assorti.

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Paris. Théâtre des Champs-Elysées. 28-XI-01. Igor Stravinsky : The Rake’s Progress. Gregory Reinhart, Dorothee Jansen, Thomas Randle, David Pittsinger, Gwendolyn Killebrew, Natascha Petrinsky, Peter Hoare, Ludovic Dutoit. Chœur du Théâtre des Champs-Elysées. Orchestre National de France. Direction : Jonathan Darlington. Mise en scène : André Engel. Dramaturgie : Dominique Muller. Décors : Nicky Rieti. Costumes : Nicky Rieti, Nicole.Galerne. Lumières : André Diot.

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