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Geneviève De Brabant ou Wagner et Weber du côté des Monty Python…

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Paris. Théâtre de l’Athénée du 24 au 31 décembre 2002. Représentation du 29 décembre 2002. Jacques Offenbach, Geneviève de Brabant. Opéra bouffe en trois actes. Livret : Tréfeux et Crémieux. Créé le 26 décembre 1867 au Théâtre des Menus Plaisirs. Direction Musicale : Benjamin Lévy. Mise en Scène et adaptation : Stéphan Druet. Costumes et scénographie : Elisabeth de Sauverzac. Lumières : Kélig Le Bars. Compagnie Les Brigands, avec le soutien des Musiciens du Louvre-Grenoble. Distribution : Geneviève, femme de Sifroid : Edwige Parat. Brigitte, sa confidente : Claire Delgado-Boge. Drogan, page de Geneviève : Emmanuelle Goizé. Christine/Dulcinée : Karine Godefroy. Dorothée/Armide : Marie-Bénédicte Souquet. Gudule/Bradamante : Fabienne Colson. Houblonne/Isoline : Isabelle Poinloup. Gretchen/Rosemonde : Sarah Jouffroy. Charles Martel : Christophe Grapperon. Sifroid, duc de Curaçao : Olivier Hernandez. Narcisse, poète de Sifroid : Gauthier Fenoy. Golo, favori de Sifroid : Jacques Gomez. Vanderprout, le bourgmestre : Lionel Muzin. Grabuge, sergent : Laurent Bourdeaux. Pitou, simple fusilier : Loïc Boissier.

/ Stéphan Druet

On ne peut que saluer l’heureuse initiative du Théâtre de l’Athénée d’avoir programmé en cette période dite « des fêtes », finalement assez morose, ce petit bijou méconnu qu’est Geneviève de Brabant.

Créée en 1859, un an après Orphée aux Enfers, cette œuvre a, pendant seize ans, été remaniée plusieurs fois par son auteur : version définitive en 1867, puis troisième version en 1875, au demeurant moins réussie.

Cette fois, abandonnant les Dieux de l’Olympe, Offenbach s’attaque au monde des chevaliers et des croisés, en privilégiant ses thèmes favoris : satire du pouvoir, glorification du sentiment amoureux et surtout parodie de divers genres musicaux.

Il est difficile de ne pas penser à Pélléas et Mélisande en ce qui concerne le personnage très noir de Golo. Quant au caractère « héroïque » de Geneviève, il n’est pas sans rappeler celui d’Elsa von Brabant dans Tannhauser. De la même façon, la scène du boudoir avec le page, Drogan, sorte de Chérubin un peu monté en graine, semble sortie tout droit des Noces de Figaro. Enfin, celle du lieu sauvage fait référence à l’épisode de la Gorge aux Loups du Freischütz de Weber. Même Meyerbeer a été mis à contribution, avec le final de l’acte I, pastiche du style de récitatif qu’affectionnait cet auguste compositeur « Ainsi que ça se fait dans toute tragédie » et l’utilisation du chœur a capella sur un texte moins auguste : « Et quoi, vous me plantez donc là ? ».

L’intrigue est embrouillée, bouffonne à souhait, les personnages – fort nombreux – désopilants et hauts en couleurs.

C’est la deuxième version, celle de 1867, qu’a choisie le chef d’orchestre Benjamin Levy, avec deux ajouts de la troisième version : le Rondo de Narcisse au premier acte ainsi que La Lettre de Narcisse-Pacha au cours de la fête chez Charles Martel au deuxième.

Le dispositif scénique est à la fois simple et ingénieux, les éclairages raffinés, les costumes très réussis, la direction d’acteurs fort habile. A ce titre la scène de la fête chez Charles Martel, très « descente chez Méphisto » est un morceau d’anthologie.

Côté chanteurs, l’esprit de troupe est souverain. Il faut dire que tous ces compères ont été à bonne école, puisque la plupart sont issus de l’illustre chœur des qui connaît son Offenbach sur le bout des doigts (La Belle Hélène, Orphée aux Enfers, La Soirée Offenbach de décembre 2001 au Châtelet) et que , qui a entrepris une importante édition critique de toute l’œuvre de cet immense compositeur, a présidé à la création. La même équipe avait d’ailleurs l’an passé, ressuscité le rare Barbe-Bleue.

Retenons quand même les irrestibles prestations d’Edwige Parat (Geneviève), de Claire-Delgado-Boge (Brigitte), d’ (Drogan) au joli timbre fruité de mezzo mozartien, de Gauthier Fenoy (Narcisse) et de , qui prête son impressionnant timbre de basse profonde au personnage à la fois cynique et épicurien de Charles Martel.

Le petit orchestre est rondement mené par et il est clair que ce beau monde s’amuse autant qu’il nous divertit.

Précisons que Geneviève de Brabant a été donné les 21 et 22 janvier 2003 au Théâtre de Grenoble ainsi qu’à la Maison des Arts et Loisirs de Thonon-Les-Bains le 4 Février dernier, avec l’orchestre des , cette fois.

Espérons que d’autres représentations suivront et vive Offenbach !

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Paris. Théâtre de l’Athénée du 24 au 31 décembre 2002. Représentation du 29 décembre 2002. Jacques Offenbach, Geneviève de Brabant. Opéra bouffe en trois actes. Livret : Tréfeux et Crémieux. Créé le 26 décembre 1867 au Théâtre des Menus Plaisirs. Direction Musicale : Benjamin Lévy. Mise en Scène et adaptation : Stéphan Druet. Costumes et scénographie : Elisabeth de Sauverzac. Lumières : Kélig Le Bars. Compagnie Les Brigands, avec le soutien des Musiciens du Louvre-Grenoble. Distribution : Geneviève, femme de Sifroid : Edwige Parat. Brigitte, sa confidente : Claire Delgado-Boge. Drogan, page de Geneviève : Emmanuelle Goizé. Christine/Dulcinée : Karine Godefroy. Dorothée/Armide : Marie-Bénédicte Souquet. Gudule/Bradamante : Fabienne Colson. Houblonne/Isoline : Isabelle Poinloup. Gretchen/Rosemonde : Sarah Jouffroy. Charles Martel : Christophe Grapperon. Sifroid, duc de Curaçao : Olivier Hernandez. Narcisse, poète de Sifroid : Gauthier Fenoy. Golo, favori de Sifroid : Jacques Gomez. Vanderprout, le bourgmestre : Lionel Muzin. Grabuge, sergent : Laurent Bourdeaux. Pitou, simple fusilier : Loïc Boissier.

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