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Création de Trame V de Martin Matalon

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Metz. Arsenal. 16.V.2003. Martin Matalon, Trame V, concerto pour trompette et orchestre (1) ; Berlioz, Benvenuto Cellini, ouverture ; Moussorgski, Les Tableaux d’une exposition (orch. Ravel). Eric Aubier (trompette) (1). Orchestre national de Lorraine. Direction : Jacques Mercier.

matalon_metz-250x335L’Arsenal, résidence pour compositeurs

Toujours plus conscients de la nécessité d’élargir leur répertoire, qui se réduit en amont, la musique baroque leur échappant au profit des formations spécialisées, et en aval, les compositeurs préférant écrire pour des ensembles plus flexibles, les orchestres symphoniques développent les résidences de compositeurs. Ainsi en est-il de Montpellier, Lille, Strasbourg, Rennes et Paris (du moins à l’Orchestre de Paris). A Metz, le projet est plus vaste encore, puisqu’il n’émane pas d’une phalange instrumentale mais d’un lieu, en l’occurrence la belle salle de l’Arsenal, plus particulièrement de sa directrice artistique, Michèle Paradon. Après avoir décidé en 1989 de bâtir une salle exclusivement dédiée à la musique tout en mettant un terme en 1992 à l’un des grands festivals de musique contemporaine européens, la ville de Metz a offert au million d’habitants qui constituent son bassin de population un remarquable outil de diffusion. Cette salle héberge désormais l’, le Concert Spirituel d’Hervé Niquet, la compagnie de danse Fattoumi-Lamoureux, et, depuis 1994, un compositeur, ce qui permet de maintenir la sensibilité du public messin à la création.

Depuis l’arrivée de comme directeur musical de l’, les résidences de compositeurs sont décidées entre l’Arsenal et l’orchestre. « Qu’une résidence soit animée par un lieu plutôt que par un orchestre a permis d’élaborer tout un réseau susceptible de participer au projet et d’élargir ainsi les publics », se félicite Michèle Paradon. « Les compositeurs travaillent ainsi avec le CNR de Metz, l’Académie des Beaux-Arts, les écoles, l’université, et jusqu’aux lieux les plus inattendus, ainsi qu’avec les ensembles instrumentaux et vocaux de la région, sensibilisant de la sorte les publics les plus divers à la création. Nous voulons montrer que le compositeur est un être vivant qui crée aujourd’hui, et révéler toutes les facettes de sa musique, en invitant ses interprètes favoris, solistes, ensembles, orchestres confondus. » Dans ce dessein, l’Arsenal consacre 0,15 million d’euros aux résidences sur un budget artistique de 1,22 million d’euros (36% de son budget global).

Avec (né en 1958), recommandé par , c’est la première fois que l’Arsenal met un compositeur en résidence pour une durée de deux ans. « Je suis extrêmement heureux d’être à Metz », s’enflamme le compositeur argentin. « Cela représente à mes yeux non seulement une chance considérable mais aussi un privilège. Quantité de confrères sont en attente de pareille aubaine, même si cela sous-tend droits et devoirs. Mon contrat prévoit la commande de trois œuvres nouvelles, la réalisation d’un CD, l’exécution de la totalité des partitions de mon catalogue, pour orchestre et de musique de chambre. En échange, mon activité consiste à intervenir dans tous les lieux culturels les plus divers de la région, d’Epinal à Forbach, à présenter les concerts, préparer l’orchestre dans le cadre des partielles, tant avec les musiciens de l’orchestre qu’avec ceux de l’Ensemble Stravinsky de Metz créé et animé par Pierre Pinet et François Narboni, etc. » Matalon séjourne à Metz deux fois par mois trois ou quatre jours durant. A mi-parcours de la présente résidence, l’Arsenal et l’Orchestre national de Lorraine n’ont pas encore arrêté le choix de son successeur, qui ne sera connu qu’au printemps 2004.

Le premier fruit de la résidence messine de a été créé au sein d’un programme lui associant Berlioz et Moussorgski. Il s’agit du cinquième volet de la série de concertos intitulée Trame. Ecrite pour trompette solo et orchestre, Trame V est une pièce de vingt et une minutes subdivisée en sept morceaux répartis en un prologue, cinq mouvements et un épilogue. Chaque élément est placé sous le signe d’une sourdine différente qui donne à la trompette autant de couleurs nouvelles. L’orchestre, assez fourni –– bois par trois, quatre cors, trois trompettes, trois trombones, tuba, deux harpes, piano, célesta, quatre percussionnistes, cordes (14, 12, 10, 8, 6) ––, reste continûment fluide et transparent, le compositeur jouant subtilement de cette masse de couleurs et de timbres qu’il dispose tel un peintre sur sa palette. Interprétée avec précision et musicalité par Eric Aubier que nous aimerions voir poursuivre sa collaboration avec les compositeurs les plus novateurs tant il a saisi de Trame V les élans et le lyrisme, cette œuvre supérieurement élaborée est aussi fort séduisante. L’Orchestre national de Lorraine, homogène et riche en individualités, possède incontestablement un réel potentiel, restituant sans faillir la diversité des nuances de ce concerto qui demande la plus vigilante célérité. Mais si l’ouverture de Benvenuto Cellini a convaincu, Les Tableaux d’une exposition ont manqué de brillant et de chair, sans doute en raison de la direction de Jacques Mercier, qui a manqué de nerf.

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Metz. Arsenal. 16.V.2003. Martin Matalon, Trame V, concerto pour trompette et orchestre (1) ; Berlioz, Benvenuto Cellini, ouverture ; Moussorgski, Les Tableaux d’une exposition (orch. Ravel). Eric Aubier (trompette) (1). Orchestre national de Lorraine. Direction : Jacques Mercier.

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