Lulu de Berg exemplaire à Zurich

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Alban Berg : Lulu. Laura Aikin (Lulu), Alfred Muff (Dr Schön), Peter Straka (Alwa), Orchestre de l’Opéra de Zurich. Direction : Franz Welser-Möst ; Mise en Scène : Eric Bechtolf. 1 DVD TDK. Enregistrement : 2002.

 

Lulu de BergLa mort prématurée d’ en 1935, laissa Lulu, second opéra du compositeur Autrichien, inachevé. Dès lors, une multitude de controverses apparurent pour savoir si l’on pouvait et devait réaliser la fin de l’opéra en se basant sur les esquisses laissées par Berg pour le troisième acte. Une réponse fut donnée en 1978 par Friedrich Cerha qui réalisa ce dernier. La version — avec troisième acte — est créée par Pierre Boulez à l’Opéra de Paris en 1979. Mais cela ne met pas fin aux polémiques, preuve en est, cet enregistrement de l’opéra (version en deux actes) dirigé par Welser-Möst qui, pour justifier son choix, avance le fait que Berg aurait, s’il l’avait connu, entièrement renié ce troisième acte.

La mise en scène d’ sait rendre le juste climat de cette œuvre. Elle introduit judicieusement dans les trois Interludes des scènes filmées en forme de flash-back : les deux premiers nous montrent des scènes en noir et blanc qui nous ramènent à l’époque du Lulu de Pabst. Le troisième est un film en couleur où nous voyons Lulu adolescente essayant d’échapper à son ou à ses poursuivants. Accompagnée d’un décors d’une grande sobriété — non gratuite —, la mise en scène est conçue comme un grand crescendo dramatique et ceci, dès le début où le portrait de Lulu est représenté par un mannequin découpé qui sera reconstruit tel un totem. Le mannequin — dépourvu de bras ! — s’exposera ensuite en morceaux tout au long de la représentation. On remarquera qu’ a tout particulièrement accentué les face à face Lulu-Schön dans lesquels le pouvoir destructeur de Lulu est sublimé.

La distribution est vocalement et dramatiquement exemplaire. incarne un Dr Schön fragile et impuissant face à Lulu. nous donne une Lulu plastiquement et vocalement envoûtante. Son jeu d’actrice nous offre des moments uniques, comme dans la « danse moqueuse » qu’elle effectue autour du corps de son premier mari ou lorsqu’elle incarne Eve. Hélas, la direction de est le point faible de cette production. Le chef, qui semble un peu étranger au drame qui se joue sur scène, n’exploite pas toutes les richesses de la partition et ceci est particulièrement flagrant dans les Interludes, lesquels doivent maintenir voire accroître la tension dramatique. Malgré cette réserve, que les admirateurs de Berg n’hésitent pas à se procurer cette production très bien filmée qui est la seule version disponible actuellement en France. La version en trois actes dirigée par Boulez à l’Opéra de Paris n’est disponible — oh, ironie ! — et sauf erreur, qu’au Japon.

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