Défilé de stars au IIe gala lyrique contre le sida à Cologne

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Cologne. Opernhaus. 2-VII-2005. Concert de gala. Avec : Isabel Bayrakdarian, Michele Crider, Tamar Iveri, Edda Moser et Claudia Rohrbach, sopranos ; Vivica Genaux et Regina Richter, mezzos ; Saimir Pirgu et Neil Shicoff, ténors  ; Carlos Álvarez et Thomas Quasthoff, barytons. Chœur de l’Opéra de Cologne (chef de chœur : Albert Limbach). Orchestre du Gürzenich de Cologne, direction : Markus Stenz.

Ce qui, à Berlin, est une tradition depuis de nombreuses années, semble aussi s’établir durablement dans la vie culturelle à Cologne : un grand gala lyrique annuel au bénéfice de la fondation allemande contre le sida (Deutsche AIDS-Stiftung). Evénement à la fois musical et mondain, retransmis à la télévision et suivi d’un grand dîner et d’un bal sur la scène même du théâtre de l’opéra, ce concert permet aux mélomanes de la métropole rhénane de voir un défilé de stars lyriques que l’on n’a pas l’habitude d’y rencontrer tous les jours. Pour cette deuxième édition ont été invités, entre autres, , Michel Crider, et Carlos Alvarez. A leurs côtés, on a pu entendre quelques étoiles montantes du monde lyrique telles que , , et .

Le concert a commencé comme il le faut, c’est à dire avec l’entrée des invités de Tannhäuser de Richard Wagner, chantée par les chœurs de l’Opéra de Cologne, pourtant moins homogènes que d’habitude. Ensuite, nous a offert une interprétation d’anthologie de la romance à l’étoile du Tannhäuser de Wagner. Quelle voix, quelle diction, quelle sensibilité musicale! Le jeune s’est présenté avec «Una furtiva lagrima» – très belle voix, grande musicalité, mais une technique encore perfectible. Pour sa première apparition avait choisi l’air final de la Cenerentola – une prestation de grande classe, rappelant la des meilleurs jours. En revanche, on a été un peu déçu de la soprano Bel raggio lusinghier» de Semiramide), à l’allure vraiment royale, mais à la voix étonnamment durcie et aux aigus assez métalliques. Avec la beauté de son timbre, son phrasé soigné et ses aigus faciles, Carlos Alvarez s’est montré un interprète idéal du rôle d’Alphonse dans la Favorite de Donizetti. De même, – un timbre d’une séduction rare, des aigus ronds et lumineux, des piani sublimes – nous a offert un moment de grâce avec le grand air de la comtesse des Noces de Figaro. Plus discutable la prestation de Pace, pace» de la Forza del destino), dont l’intensité ne pouvait faire oublier un timbre désagréablement métallique et des aigus sûrs, mais un peu stridents. , en grande forme vocale, mais d’un maniérisme très particulier dans la gestuelle, s’est présenté avec «Recondita armonia» de Tosca. La première partie prit fin avec le trio final du Chevalier à la rose, malheureusement déstabilisé par la Maréchale à la voix fatiguée de (néanmoins une mention spéciale pour l’Octavian de la jeune ).

Dans la deuxième partie, les chanteurs se sont présentés dans un répertoire plus léger – à l’exception de Neil Shicoff, très applaudi pour un «E lucevan le stelle» pourtant moins touchant que d’habitude. Ainsi, on a pu entendre avec une interprétation correcte, mais un peu sommaire de Summertime, Vivica Genaux, très convaincante, dans un extrait d’une zarzuela espagnole, Saimir Pirgu, solide, avec «Non ti scordar di me» et , magnifique, avec «Bless your beautiful hide» de la comédie musicale Seven brides for seven brothers. Thomas Quasthoff a présenté avec panache le grand air du bourgmestre Van Bett de Zar und Zimmermann (même si le timbre est un peu clair pour ce rôle) et Tamar Iveri nous a envoûté encore une fois avec «Che il bel sogno di Doretta» de la Rondine de Puccini. La soirée s’est clôturé dans le bonheur avec le finale I de West Side Story de .

Durant tout le concert, le directeur musical de l’opéra de Cologne, , s’est avéré un chef alerte, attentif et soigneux. Seul dans le domaine de l’opéra italien, on aurait aimé entendre un peu moins de rigueur germanique…

Crédit photographique : © Ralf Silberkuhl

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