À emporter, DVD, DVD Musique, Opéra

Don Giovanni Aix 2002 : Niveau inégal

Plus de détails

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) Don Giovanni. Mise en scène : Peter Brook. Avec : Peter Mattei, Don Giovanni ; Gilles Cachemaille, Leporello ; Nathan Berg, Masetto ; Mark Padmore, Don Ottavio ; Alexandra Deshorties, Donna Anna ; Mireille Delunsch, Donna Elvira ; Lisa Larsson, Zerlina ; Gudjon Oskarsson, Il Commendatore. Chœur de l’Académie Européenne de Musique, Mahler Chamber Orchestra, direction Daniel Harding. Réalisation Vincent Bataillon. Enregistré en juillet 2002 au festival d’Aix-en Provence. Sous titrages en français, anglais, allemand, espagnol. 1 DVD Bel Air Classiques distribution Harmonia Mundi BAC010. Zones 2, 3, 4, 5. Durée 174’. Bonus : interview de Peter Brook.

 

Bel Air Classique propose en DVD la retransmission du Don Giovanni relativement controversé du festival d’Aix en Provence 2002, controverse provenant principalement de la direction de , brutale, pressée, hors propos, ne dégageant ni angoisse ni mystère.

Autre sujet d’irritation, la distribution, à commencer par un Gilles Cachemaille à bout de voix et réservant les instants les plus pénibles de la soirée, se réfugiant dans le parlando, de surcroît complètement arythmique. Pas d’équivoque dans la composition de son personnage : Leporello est uniformément buffo, bonhomme, brave type pas futé. Gudjon Oskarsson n’a ni les graves, ni l’autorité, ni la stature physique du commandeur. Un grave coup porté au mythe. On avait un bien plus mauvais souvenir de la Donna Anna d’. On se la rappelait acide, pépiante, désavantagée en outre par une horrible robe fuchsia dont le décolleté lui faisait des épaules de catcheuse (les costumes oscillent entre l’anodin pour les hommes et le peu seyant pour les femmes). Restent les épaules, hélas, mais la forme semble meilleure, les pépiements moins marqués. Le rôle reste simplement hors de sa portée, grenouille ayant voulu se faire aussi grosse que le bœuf. A notre connaissance, après une Konstanze au Met téléchargée par tous les amateurs d’horreurs sur Internet, on n’entendit plus jamais parler d’elle. La Zerlina de Lisa Larsson et le Masetto de sont quelconques. Ni indignes, ni marquants. On était en droit d’attendre mieux du prestigieux Festival d’Aix en Provence.

A la lecture de ce qui précède, existe t’il des raisons justifiant l’achat de ce DVD? Fort heureusement, oui. Tout d’abord le très british , incarnant à merveille le bien élevé et policé Don Ottavio, pas seulement un amoureux falot, mais un homme viril, fou de Donna Anna, cherchant à la protéger et à la venger, mais…dans les limites de la bienséance nobiliaire. C’est probablement le seul chanteur de la distribution à maîtriser sur le bout des doigts les règles du chant mozartien ; C’est également le seul qui se permet de délicates variations. Ensuite, l’étonnante , du temps d’avant qu’elle ne devienne la diva obligata, la soprano à tout faire de l’Opéra Bastille, campe la plus touchante des Elvira. Sachant transformer ses limitations vocales en fêlures intimes de son personnage, il émane d’elle un magnétisme quasiment tripal. Pas orthodoxe, pas mozartienne, politiquement incorrecte, son Elvira est fascinante. Enfin l’électrisant , qui brûle les planches, irradie d’énergie, de sensualité animale et de perfection vocale. Il se dépense sans compter pour incarner un Don Giovanni carnassier et violent, hypnotisant aussi. Quelle femme pourrait résister à une telle sérénade ?

Reste enfin la plus intelligente des mises en scène. Bien sûr, il manque la nuit parfumée et le parfum des cigales, et la captation très réussie de Vincent Bataillon ne peut pas rendre justice à tout se qui se passe sur scène, on ne remarque jamais, en particulier, que les personnages absents momentanément de l’action sont souvent assis sur des bancs en lisière de la lumière et la commentent. La scène est une plate forme orange brillamment éclairée dans un no man’s land obscur, au milieu de nulle part. Mise en scène d’écolier, avec des pupitres, des tréteaux, des morceaux de bois qui se transforme au gré de l’imagination et du déplacement que leur infligent les acteurs en portes, en fenêtres ou en tombes, comme le font les enfants avec le matériel du bord dans une cour d’école. Car quoi de plus important que le jeu des enfants, qui est l’essence même de la vie? La direction d’acteur est réglée au millimètre près, et colle au plus près à l’humanité profonde des protagonistes.

A voir, pour la mise en scène et pour .

Plus de détails

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) Don Giovanni. Mise en scène : Peter Brook. Avec : Peter Mattei, Don Giovanni ; Gilles Cachemaille, Leporello ; Nathan Berg, Masetto ; Mark Padmore, Don Ottavio ; Alexandra Deshorties, Donna Anna ; Mireille Delunsch, Donna Elvira ; Lisa Larsson, Zerlina ; Gudjon Oskarsson, Il Commendatore. Chœur de l’Académie Européenne de Musique, Mahler Chamber Orchestra, direction Daniel Harding. Réalisation Vincent Bataillon. Enregistré en juillet 2002 au festival d’Aix-en Provence. Sous titrages en français, anglais, allemand, espagnol. 1 DVD Bel Air Classiques distribution Harmonia Mundi BAC010. Zones 2, 3, 4, 5. Durée 174’. Bonus : interview de Peter Brook.

 
Mots-clefs de cet article

Banniere-ClefsResmu-ok

Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.