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Distribution exceptionnelle

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Bruxelles, Palais des Beaux-arts. 22-IX-2005. Edward Elgar (1857-1934) : Introduction et Allegro pour cordes op. 47 ; Robert Schumann (1810-1856) : Concerto pour piano et orchestre op. 54 ; William Walton (1902 – 1983) : Symphonie n° 1. Mitsuko Uchida : Piano ; London Symphony Orchestra, direction : Sir Colin Davis.

/ au Bozar

Exceptionnel, ce concert réunit en une seule soirée l’un des orchestres les plus réputés au monde, une légende vivante de la direction d’orchestre, et une pianiste dont l’immense talent force le respect de tous. La programmation a de quoi réjouir les mélomanes avertis.

L’Introduction et Allegro composée pour quatuor et orchestre à cordes utilise une mélodie galloise, initialement prévue pour une autre composition (Welsh Ouverture) mais qui ne vit pas le jour. Dédiée au jeune LSO, cette œuvre fut créée par le compositeur lui-même en 1905. Le quatuor à la fois distinct, sans pour autant se donner le rôle de supers-solistes, s’intègre bien à l’orchestre très fluide. Les violons, au timbre homogène et chaleureux, donnent un accompagnement idéal pour les solistes.

Après de nombreuses longues années d’absence, , lauréate du concours musical international Reine Elisabeth en 1968 et membre du jury en 1983, effectue son grand retour à Bruxelles. Elle nous propose le très célèbre Concerto pour piano de Schumann. L’œuvre, dédiée au pianiste compositeur Ferdinand Hiller, fut créée, par Clara Schumann le 1er janvier 1846. Ce concerto était qualifié par le compositeur de « quelque chose entre le concerto, la symphonie et la grande sonate ». Ensemble de lignes de forces concentrées et dirigées, le thème principal constitue à lui seul un microcosme musical achevé. Il s’élève vers son point culminant ou il effleure la tonalité de ré mineur, puis se résout peu à peu en une chute lente qui mène cette courbe parfaite à sa conclusion. L’Intermezzo est un dialogue intime entre le piano et l’orchestre : l’écriture en est délicate et raffinée, l’alliance des cordes et des instruments à vents est sublimement dosée. Aux dernières mesures, les bois préparent thématiquement le finale qui s’enchaîne sans interruption. Dès sa montée sur scène, on sent Mitsuko Uchida assez nerveuse, mais après l’introduction brillante, la pianiste s’intègre dans la masse orchestrale, sans jamais s’y opposer. Elle dialogue avec chaque groupe d’instruments. L’accompagnement raffiné de Sir lui apporte un soutien indéfectible, le chef d’orchestre fait ressortir, avec naturel, les différents enchaînements entre le piano et son ensemble. Les vents sont discrets, les clarinettes chaleureuses et les violonistes nous démontrent leur supériorité tant jalousée.

En seconde partie, le nous propose la Symphonie n°1 de , longtemps considérée comme une des plus grandes symphonies écrites dans l’entre-deux guerres. Tout comme dans la première partie, l’orchestre excelle et rien ne manque. Sir Colin Davis insuffle une vigueur rythmique ; une très grande tension, palpable dans le premier mouvement, se termine en une grande explosion spectaculaire. Le scherzo est très rapide et vif ; et il s’oppose au troisième mouvement, plus méditatif ; soulignons le très beau solo de flûte, sur un fin tapis des cordes et des cuivres, ensuite repris avec toute l’élégance de la clarinette. Le dernier mouvement donne un rôle important aux percussions et amène la composition à un final héroïque.

Crédit photographique : © Lord Patrick Litchfield

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