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Anne Sofie Von Otter et Marc Minkowski : récital français et symphonie allemande

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 28-IX-2005. Gabriel Fauré (1845 – 1924) : Pelléas et Mélisande, musique de scène op. 80 ; Hector Berlioz (1803-1869) : Les nuits d’été op. 7 ; Ludwig van Beethoven (1770 – 1827) : Symphonie n° 4 en si bémol majeur op. 60. Anne Sofie von Otter, mezzo  ; Orchestra of the Age of Enlightenment, direction : Marc Minkowski.

Anne Sofie Von Otter - Photo (c) DR

Dans la première partie du programme de ce soir, nous propose deux chefs-d’œuvre du répertoire français de la fin du XIXe siècle. La premièreestPelléas et Mélisande de Fauré, traduction anglaise du texte de Maurice Maeterlinck pour sa création londonienne. La célèbre actrice Mrs Patrick Campbell s’était initialement adressée à Debussy ; mais, suite au refus de celui-ci, elle s’adressa à Fauré, qui accepta, et confia l’orchestration à son élève Charles Kœchlin. Plus tard, lorsque Fauré tira une suite symphonique de l’œuvre, il ne reprit pas l’orchestration de Kœchlin ( à l’exception du Melisande’s song)mais utilisa une formation plus ample, recréant une atmosphère plus proche de Maeterlinck.

Les Nuits d’été, œuvre de Berlioz, est empreinte de la même ambiance typique. Les textes, dus à Théophile Gautier, sont parmi les plus beaux que le compositeur ait jamais mis en musique : ceux-ci exaltent une poésie romantique, où Berlioz nous emmène dans un voyage imaginaire. La diction d’ est intelligible, mais manque de spontanéité et de finesse pour ce style de musique : elle articule trop, et ôte tout le charme et la fraîcheur de ces superbes textes. Les quelques vibratos chevrotants n’améliorent en rien le manque de finesse. Minkowski surenchérit dans l’articulation, en faisant ressortir quelques passages virtuoses, magnifiquement joués par les clarinettes, mais n’apportant rien à l’œuvre, sauf, peut-être, la distraction de l’auditeur. A de nombreuses reprises, les vents sont beaucoup trop présents et perturbent la prestation de la mezzo.

En seconde partie, l’orchestre nous propose une des symphonies de Beethoven les plus appréciées à son époque. Après les proportions gigantesques de sa Symphonie héroïque, le compositeur voulut rester dans les limites usitées des compositeurs de son temps. Pour comprendre ce choix dans la programmation de ce concert, il est important de rappeler que Berlioz était un des principaux défenseurs de Beethoven en France, par opposition à la vieille école, qui maintenait son hostilité envers la musique nouvelle. Après l’introduction lente, sombre et pesante, l’orchestre s’anime progressivement pour libérer l’Allegro vivace énergique aux phrasés rythmiques et secs, propres aux orchestres baroques. L’Adagio est pour sa part, d’une irrésistible tendresse et dégage une émotion très palpable. Pour poursuivre avec l’Allegro vivace, Minkowski met les bouchées doubles au niveau du tempo et multiplie les contrastes dynamiques.

Tout au long de la symphonie, l’orchestre propose un mélange toutefois étrange entre les lectures de Karajan, Kleiber et Herreweghe.

Crédit photographique : (c) DR

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