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Une Flûte qui ne cache pas son âge

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791). Die Zauberflöte. Rita Streich, la Reine de la Nuit ; Maria Stader, Pamina ; Ernst Haefliger, Tamino ; Dietrich Fischer-Dieskau, Papageno ; Josef Greindl, Sarastro ; Lisa Otto, Papagena ; Kim Borg, l’Orateur/homme d’arme ; Howard Vandenburg, homme d’arme  ; Marianne Schech et Margot Leonard, Première dame ; Liselotte Losch et Marion Degler, Deuxième dame ; Margarete Klose et Alice Decarli, Troisième dame ; Howard Vandenburg, Wilhelm Borchert et Siegmar Schneider, trois prêtres ; Margot Guilleaume, Maria Reith et Diana Eustrati, trois garçons. RIAS-Kammerchor, Berliner Motettenchor. RIAS-Symphonie-Orchester Berlin, direction : Ferenc Fricsay. 2 CD Membran 223249-311. Enregistrement en 1954. Notice en allemand et anglais. Durée : 65’09 et 77’21.

 

Cinquante ans après sa parution, le passage dans le domaine public de la Flûte enchantée version permet sa réédition par le label Membran, concurremment à son éditeur d’origine Deutsche Grammophon, qui l’a également ressortie récemment, mais à un prix supérieur. Cette intégrale a un statut historique indéniable, mais il faut reconnaître qu’elle a beaucoup vieilli.

Premièrement, le style vocal de certains protagonistes est furieusement daté. C’est le cas essentiellement des personnages secondaires : les trois dames (qui sont six car on a changé d’équipe en cours de route) chantent comme des matrones, les trois garçons sont chantés par des femmes conformément à l’usage du temps et les prêtres comme les Monostatos (ils sont deux aussi), sont très poussiéreux. Deuxièmement, à l’époque, DG faisait enregistrer les dialogues parlés par des comédiens de théâtre, ce qui crée une hétérogénéité des climats sonores très dérangeante, et de plus, les voix n’étant pas forcément ressemblantes, on ne reconnaît plus très bien qui est qui. Enfin, les personnages principaux chantent dans l’ensemble assez bien, mais sont souvent à contre-emploi, presque sur-distribués. Maria Stader est quadragénaire au moment de l’enregistrement, et cela s’entend, car on pourrait prendre sa Pamina pour sa propre mère. est très probe, mais chante trop en arrière, et son Tamino a l’air d’un petit vieux. Kim Borg en Sprecher est un luxe, et il aurait avantageusement remplacé le pâteux et poussif Josef Greindl en Sarastro.

Le plus intéressant est en fait le jeune , qui compose un Papageno au timbre un peu clair, mais au chant léger et nuancé, très subtil et élégant, et qui ne cherche pas à intellectualiser le personnage, péché mignon du chanteur pendant la suite de sa carrière.

est une Reine de la Nuit un peu trop légère (nous les aimons plus corsées, du genre ), mais elle irise divinement « O zittre nicht », et propose un chant plus caractérisé et nettement plus intéressant dramatiquement que Wilma Lipp, sa concurrente de l’époque dans le rôle.

Fricsay est fidèle à sa réputation, sensible et théâtral, il propose une direction toute en finesse, en allègement des textures, en agilité et en grâce. Les sonorités de l’orchestre du RIAS sont assez vertes, un peu maigres, mais les couleurs sont vives et franches, et les cordes, privilégiées par la prise de son, sont mobiles et souples.

Proposée à un prix très compétitif, cette Zauberflöte est plus un témoignage d’une époque où on recréait un style Mozart qu’une référence intemporelle, mais elle ne décevra personne. A ceux qui veulent une Flûte enchantée des années cinquante, nous conseillerons quand même plutôt la version Böhm chez Decca, datée, elle aussi, mais qui bénéficie d’une distribution plus homogène.

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791). Die Zauberflöte. Rita Streich, la Reine de la Nuit ; Maria Stader, Pamina ; Ernst Haefliger, Tamino ; Dietrich Fischer-Dieskau, Papageno ; Josef Greindl, Sarastro ; Lisa Otto, Papagena ; Kim Borg, l’Orateur/homme d’arme ; Howard Vandenburg, homme d’arme  ; Marianne Schech et Margot Leonard, Première dame ; Liselotte Losch et Marion Degler, Deuxième dame ; Margarete Klose et Alice Decarli, Troisième dame ; Howard Vandenburg, Wilhelm Borchert et Siegmar Schneider, trois prêtres ; Margot Guilleaume, Maria Reith et Diana Eustrati, trois garçons. RIAS-Kammerchor, Berliner Motettenchor. RIAS-Symphonie-Orchester Berlin, direction : Ferenc Fricsay. 2 CD Membran 223249-311. Enregistrement en 1954. Notice en allemand et anglais. Durée : 65’09 et 77’21.

 
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