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Staatskapelle de Berlin et Daniel Barenboim : du grand art

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Paris, théâtre du Châtelet. 23-X-06. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour piano et orchestre n°23 en la majeur K488. Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°7 en si mineur « Nachtlied ». Orchestre de la Staatskapelle Berlin, piano et direction : Daniel Barenboim.

Du grand art. 15 minutes de standing ovation pour un concert, quasiment du jamais vu à Paris. Et surtout regrettons que Piano****, organisateur de ce concert chassé de Pleyel en son temps n’y soit pas revenu : le Châtelet n’est pas fait pour le concert. Les cuivres couvrent les autres pupitres, et les traditionnelles cloches de vache de Mahler en coulisses sonnaient un peu comme une batterie de casseroles qui s’écroulent. Au-delà de ces désagréments minimes, comment qualifier le jeu d’un des orchestres de l’ex Berlin-est ? Les superlatifs manquent.

Certes, Mahler par Barenboim souffre des défauts habituels de notre homme en chef d’orchestre : lecture hétérogène, un peu brouillonne dans le discours et parfois décousue. Mais on ne peut nier une réelle maîtrise de l’orchestre et surtout une théâtralité exacerbée, rendant justice à chaque contraste de la partition. Jamais cette Symphonie n°7 n’aura paru si enjouée et positive, toujours menée par un optimisme qui ne verse jamais dans l’excitation, et une grandiloquence qui ne tombe pas dans le pompier.

Ce monument symphonique était précédé d’un Concerto n°23 de Mozart d’anthologie. Œuvre contemporaine des Noces de Figaro, Barenboim – qui officiait du clavier- en fait une véritable scène d’opéra. Si la sensibilité érigée comme credo de cette interprétation nous menait droit dans une pièce dramatique, nul épanchement sentimental ne venait faire basculer ce concerto dans le Romantisme. sait avec goût manier le style classique en trouvant les couleurs nécessaires pour une lecture originale, respectueuse et bouleversante. Le public, coiffé au poteau par ce raz-de-marée musical, ne s’y est pas trompé.

Pour ceux qui voudrait entendre cette Symphonie n°7 en si mineur, rendez-vous le 8 avril 2007 durant le Festival Mahler à Berlin au sein du Staatsoper.

Crédit photographique : © Jim Steere

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Paris, théâtre du Châtelet. 23-X-06. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour piano et orchestre n°23 en la majeur K488. Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°7 en si mineur « Nachtlied ». Orchestre de la Staatskapelle Berlin, piano et direction : Daniel Barenboim.

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