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Sofonisba, une résurrection

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Ferdinando Paër (1771-1839) : Sofonisba (extraits). Jennifer Larmore, Sofonisba ; Paul Nilon, Siface ; Rebecca Evans, Massinissa ; Mirco Palazzi, Scipione. Geoffrey Mitchell Choir, Philharmonia Orchestra direction : Marco Guidarini. 1 CD Opera Rara ORR237. Enregistré en juillet 2005. Texte de présentation et livret en anglais, synopsis en anglais, français, allemand et italien. Durée : 72’59’’.

 

(ou Paer, ou Për, ou Per, faites votre choix), compositeur d’origine italienne, a joué un rôle important mais aujourd’hui bien méconnu dans l’histoire de la musique française. Appelé à Paris par Napoléon en 1807, il devient en 1812 le successeur de Spontini à la tête du Théâtre Italien, en est chassé en 1827 par l’arrivée de Rossini, devient compositeur de la chambre du Roi, membre de l’Académie, puis maître de chapelle de Louis-Philippe. Belle carrière, qui témoigne aussi, sans doute, d’une certaine souplesse politique. C’est bien sûr par son activité lyrique qu’il reste – très relativement – connu, avec une cinquantaine d’opéras, tout de même, parmi lesquels une Leonora qui devait, osons cet à-peu-près, tomber dans l’oreille d’un sourd puisqu’elle utilise le même livret que celle de Beethoven, qu’elle précède de tout juste un an.

Cette Sofonisba montre en tout cas que ce rival malheureux de Rossini avait quelques sérieux arguments à faire valoir. On s’amusera d’ailleurs à relever quelques échos rossiniens ici ou là, dans une écriture très belcantiste. Les mélodies coulent avec une aisance remarquable, l’intérêt dramatique est toujours soutenu, et la qualité d’orchestration rare dans l’opéra italien de l’époque. On appréciera, par exemple, le rôle très important dévolu aux bois, quasi mozartiens, et la très belle écriture des chœurs. Le premier air de Massinissa est d’ailleurs d’une grande beauté, en rien inférieur à ceux de Bellini ou Donizetti et digne de figurer dans tous les récitals de soprano.

La distribution est dominée par les deux femmes, Rebecca Evans et en un jour de gloire, très à l’aise dans cette écriture hautement virtuose. Le vibrato très marqué du ténor, un peu engorgé, peut ne pas être du goût de tous, mais il s’acquitte du moins honorablement de sa tâche. La direction est très soignée, attentive aux chanteurs, l’orchestre sonne magnifiquement, mais plus de dynamisme et des accents plus tranchants n’auraient sans doute pas nui. Il faut dire que la prise de son, soignée mais très réverbérée et comme ouatée, sent un peu trop le studio. On aurait préféré une captation plus vivante et moins globale.

Une très belle (re)découverte, que les amoureux de Larmor et Evans ne laisseront pas passer.

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Ferdinando Paër (1771-1839) : Sofonisba (extraits). Jennifer Larmore, Sofonisba ; Paul Nilon, Siface ; Rebecca Evans, Massinissa ; Mirco Palazzi, Scipione. Geoffrey Mitchell Choir, Philharmonia Orchestra direction : Marco Guidarini. 1 CD Opera Rara ORR237. Enregistré en juillet 2005. Texte de présentation et livret en anglais, synopsis en anglais, français, allemand et italien. Durée : 72’59’’.

 
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