Trilogie Monteverdi Vol II – Le couronnement de Poppée

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Claudio Monteverdi (1567-1643) : L’Incoronazione di Poppea. Mise en scène, réalisation et décors : Jean-Pierre Ponnelle. Costumes : Pet Halmen. Avec : Renate Lenhart, Fortuna ; Helrun Gardow, Virtù ; Klaus Brettschneider, Amore ; Rachel Yakar, Poppea ; Trudeliese Schmidt, Ottavia ; Eric Tappy, Nerone ; Paul Esswood, Ottone ; Matti Salminen, Seneca ; Janet Perry, Drusilla ; Alexander Oliver, Arnalta ; Maria Minetto, Nutrice ; Philippe Huttenlocher, Lucano ; Peter Keller, Valletto ; Suzanne Calabro, Damigella. Das Monteverdi-Ensemble des Opernhaus Zürich, direction : Nikolaus Harnoncourt. 1 DVD Deutsche Grammophon 00440 073 4174. Enregistré en 1979. Sous titrages en italien, anglais, allemand, français, espagnol, chinois. Zone 0. 162’

 

Deuxième volet de la trilogie Harnoncourt/Ponnelle, voici Le Couronnement de Poppée, filmé en 1979. Toutes les réflexions concernant L’Orfeo restent grosso-modo les mêmes : discrétion de l’orchestre et de l’ornementation, voix très concernées mais quelquefois un peu passe-partout, on retrouve d’ailleurs les mêmes interprètes d’une œuvre à l’autre, parfois en premier plan, parfois dans de seconds rôles. Ainsi , précédemment Orphée, se contente cette fois-ci de Lucano, Trudeliese Schmidt anciennement Musica se trouve bombardée Ottavia. D’autre part, des trois œuvres subsistantes de Monteverdi, Le Couronnement est certainement la plus jouée, et donne de ce fait plus matière à comparaison. Alors que dire, si ce n’est que ce DVD, véritablement excellent, ne présente toutefois plus le même caractère de référence que conserve encore L’Orfeo ?

Toute la dimension politico-érotico-malsaine de l’opéra est pourtant bien en situation dans la mise en scène de , avec des vues en fond d’alcôve du couple impérial se reposant, pendant que se déroule une autre action au premier plan, et une lisibilité claire des ambitions de Poppée et des manœuvres de Néron. Mais nous avons vu plus torve depuis. Les décors font le lien avec L’Orfeo en se situant dans la cour du même château médiéval, adapté à l’époque de l’intrigue grâce à l’ajout de statues romaines, et de nouveau des costumes faussement authentiques tirés de l’histoire romaine ou de l’époque de la création, selon la personnalité de ceux qui les revêtent. Les trois initiateurs du prologue : l’Amour, la Fortune, la Vertu, témoins ou complices, réjouis ou effarés, interviennent en Deus ex machina muets tout au long de l’action, les deux premiers favorisant Poppée, la dernière Ottavia.

est une Poppée rouée, sensuelle, sale enfant trop gâtée par une nourrice amusante, mais bien moins exubérante que , titulaire quasi-exclusif du rôle à notre époque. Les Néron sont de nos jours ordinairement confiés à une mezzo, plus rarement à un falsettiste, et plus jamais à un ténor. est pourtant très intéressant dans le rôle, psychotique et vicieux à souhait, on le croirait sorti tout droit d’Orange Mécanique ! est un Seneca digne et abyssal, un Valetto (encore un rôle féminisé aujourd’hui !) et élève de Sénèque très amusant et plein de vitalité, est peu pale de timbre comparé à nos actuels ou , mais il est bien loin de démériter. Bref, rien d’affolant, rien de rédhibitoire non plus. Et surtout, un plateau vocal très équilibré.

Une version du Couronnement qui accuse son âge uniquement par le fait que nous avons vu bien plus débridé depuis.

Lire les articles sur les deux autres DVD Monteverdi – Harnoncourt – Ponnelle : l’Orfeo et le retour d’Ulysse

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