Banniere-ClefsResmu-ok

Le baroque à l’heure du jardin des voix 2007

La Scène, Opéra, Opéras

Paris. Cité de la musique. 11-III- 2007. Claudio Monteverdi (1567-1643) : « Questi vaghi cincenti » extrait du Ve livre de madrigaux ; « Io mi son giovinetta » extrait du IVe livre de madrigaux ; « Mentre vaga angioletta » extrait du VIIIe livre de madrigaux ; « Dal moi permesso amato » air de la Musica extrait de l’Orfeo ; Lamento della Ninfa : « Non havea Febo ancora » extrait du VIIIe livre de madrigaux ; « Possente Spirto » extrait de l’Orfeo ; « Pur ti miro » extrait de l’Incoronazione di Poppea. Biagio Marini (1597-1665) : Passacaglia pour orchestre. Giaccomo Carissimi (1605-1674) : « Tra piu riposti », cantate pour trois voix avec ritournelles. Pier Francesco Cavalli (1602-1676) : « Lucidissima face » extrait de La Calisto. Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : « Ritorna nel core vezzosa brillante » extrait d’Arminio ; « M’Hai resa infelice » extrait de Deidamia ; « Vo’far guerra » extrait de Rinaldo. Niccolo Vito Piccini (1728-1800) : « Furia di donna irata » extrait de La Cecchina ossia La Buona Figliuola. Joseph Haydn (1732-1809) : « Son quest’occhi » et « E in ordine la festa » extraits de l’Incontro improvviso. Francesca Boncompagni, Claire Meghnani, Laura Hynes Smith, Sonia Yoncheva, sopranos ; Amaya Dominguez, mezzo-soprano ; Michal Czerniawski, contre-ténor ; Pascal Charbonneau, Juan Sancho, Nicholas Watts, ténors ; Jonathan Sells, basse. Les Arts Florissants, direction : William Christie.

Un jardin florissant

La Cité de la Musique a eu l’heureuse idée d’organiser cette année un cycle de neuf jours consacrés à l’Europe baroque (du 5 au 13 mars 2007). Seize concerts et une table ronde se sont succédés dans une promenade baroque à travers l’Europe. C’est au cours de cette promenade que , en père attentionné, nous a présenté ses jeunes protégés du Jardin des voix. La troisième édition de l’Académie des Arts Florissants poursuit avec succès sa tournée Internationale après Caen, Madrid ou encore Bruxelles, ces jeunes talents prometteurs se rendront à Francfort, Londres et New York, où ils recevront à n’en pas douter le triomphe qui leur est dû. Face à de jeunes musiciens, le public est toujours plus ému et touché, souvent plus indulgent aussi et c’est vrai qu’il y avait ce dimanche après midi dans la salle des concerts de la Cité de la Musique, une ambiance particulière que renforçait le regard paternel et protecteur avec lequel enveloppait les dix jeunes chanteurs du jardin des voix. Dès leur montée sur scène, leur complicité s’imposa au public. Leur jeu et l’intimité de leur chant s’en sont favorablement ressentis et pas un instant cette unité harmonieuse des voix et des cœurs ne s’est démentie. Ils ont tenu le public en haleine : c’était à n’en pas douter leur concert. , (co-directeur de l’Académie) et Elsa Rooke (mise en espace) ont tout fait pour les mettre en valeur et l’orchestre lui-même s’est légèrement éclipsé tenant sa place, juste sa place. Et quelle place quand il s’agit des Arts Florissants. Unité, harmonie, profondeur et chaleur ont construit une couleur sonore baroque tout en velours. C’est cette couleur, parfaitement unie aux voix qui accompagna le public pendant deux heures d’une forte intensité musicale et… amoureuse. Avec une extrême finesse faîte de fluidité et de maîtrise, ces jeunes voix toujours très soutenues, des graves aux aigus, dans le forte comme dans le piano, ont chanté les amours baroques des plus grands compositeurs. Amours épris et enlacés dans finale de l’Acte II de L’Incontro improvviso de Haydn, où le duo des voix ressemblait à l’enlacement des rossignols. Amour blessé du Lamento della Ninfa, de Monteverdi, où la douleur s’exprimait par la superbe voix de Francesca Boncompagni, tandis que la compassion était magnifiquement portée par un chœur d’hommes doux, serein et léger, d’une extrême souplesse.

Comme il se doit pour cette Académie, un répertoire sur mesure mettait en avant les richesses de chaque chanteur. Chacun pouvait donner le meilleur de lui-même dans ce qui fait le meilleur de lui-même. C’est ainsi que Laura Hynes Smith s’est envolée dans les aigus, avec une aisance déconcertante, pour nous ramener avec elle sur terre par une descente d’une pureté sans faille. Mais le moment le plus beau de cette soirée, fut peut être l’incroyable duo de et dans « Mentre vaga angioletta » de Monteverdi. Un duo absolument à l’unisson, pas l’ombre d’un décalage, deux voix qui n’en faisaient qu’une. Même couleur, même puissance, même intensité. Un vrai duo ! Deux bémols peut-être cependant à cette soirée. Nicholas Watts, de sa belle voix posée, ne semblait pourtant pas très à son aise dans un répertoire où les trémolos sont très nombreux et importants. Il n’est pas impossible qu’il ait pu donner le meilleur de lui-même dans un répertoire plus romantique que baroque. Enfin, la mise en espace très appréciable pour accompagner les parties chorales était plus incongrue dans les parties strictement orchestrales. Signalons pour finir la très belle prestation au clavecin de Benoît Hartoin aux côtés de dans un extrait de Rinaldo de Haendel.

Crédit photographique : © Guy Vivien

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.