Des trous dans le filet …

La Scène, Opéra, Opéras

Tours. Grand Théâtre. 11-V-2007. Georges Bizet (1838-1875) : Les Pêcheurs de Perles, opéra en 3 actes sur un livret de Michel Carré et Eugène Cormon. Mise en scène : Nadine Duffaut ; Chorégraphie : Maria Kiran et Eric Belaud ; Décors : Emmanuelle Favre ; Costumes : Danièle Barraud ; Lumières : Jacques Benyeta. Avec : Sophie Graf, Leïla ; Martial Defontaine, Nadir ; Ronan Nédélec, Zurga ; René Schirrer, Nourabad. Chœur de l’Opéra de Tours (chef de chœur : Emmanuel Trenque) ; Orchestre Symphonique Région Centre-Tours, direction : Vincent Barthe.

Les Pêcheurs de Perles

L’Opéra de Tours terminait sa saison avec les trop rares Pêcheurs de perles de Bizet, coproduits avec les Opéras d’Avignon et de Metz. La représentation commence mal avec de flagrants décalages entre fosse et plateau mais aussi entre solistes, dont le superbe duo entre Nadir et Zurga (« Oui, c’est elle, c’est la déesse ») souffre. Dans le rôle de Nadir, , en évidente méforme, abuse d’une voix de tête sans pouvoir la maintenir, d’où la rupture fréquente de la ligne de chant au premier acte. A ce fin ténor d’école française, qui a su semble-t-il, redresser la barre lors des représentations suivantes, souhaitons de meilleurs emplois. fait une entrée prudente après les contre-prestations du début du premier acte. Il s’agit là d’une Leïla honnête, au chant bien mené et intelligible, habile dans l’aigu et les vocalises. est un chef du village au phrasé et à l’articulation limpides et si précis qu’on se passe aisément de surtitres ; il s’affirme en outre acteur charismatique et campe un prêtre solide et crédible.

La mise en scène de est classique, d’une simplicité assumée et allégorique. On apprécie ses mouvements de foule bien chorégraphiés et la gestuelle qui donne quelques éléments d’orientalisme sans tomber dans l’excès. Elle rend justice à l’œuvre de Bizet, qui se situe dans la vague orientaliste touchant les arts et les lettres européens au XIXe siècle. Le décor est simple, fait de toiles peintes un peu naïves et de voilages ; les choristes sont en saris. La scénographie s’enrichit aussi de la présence des artistes du ballet de l’Opéra d’Avignon et d’une danseuse soliste, Maria Kiran, dont la participation est appréciable, puisque la danse s’intègre à l’opéra dans l’écriture de Bizet, tel le chœur dansé « Dès que le soleil », au troisième acte. dirige amoureusement la partition, en dépit de certaines faiblesses de l’orchestre. Orchestre qui déborde d’ailleurs largement dans les loges d’avant-scène, d’où un son un peu particulier, mais qui met en valeur l’excellente harpiste Danièle Charraud. Les chœurs connaissent de très bons moments et d’autres moins assurés. Les trous restent malheureusement trop importants dans les mailles du filet de nos pêcheurs, mailles qui doivent être bien resserrées pour prétendre à une réussite totale dans cette œuvre subtile, trop rarement représentée.

Crédit photographique : © François Berthon

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