Mot-clef : René Schirrer

© Pascal Victor / Artcomart

Aix et le Nozze, presque réussi

Mozart et Aix, l'histoire dure depuis les débuts en 1948. Après ces dernières années un Cosi fan tutte statique, un Don Giovanni déjanté et pas très bien chanté et une Clemenza di Tito ennuyeuse, on pouvait légitimement se demander si Mozart avait toujours sa place dans la cour de l'Archevêché. Ces Nozze, sans être exceptionnelles, apportent un début de démenti. La mise en scène de Richard Brunel use des ficelles classiques ...
Cendrillon_Lille_2012_2_Renata Pokupic

Cendrillon à Lille : moderne et intemporelle

C’est sur un livre de contes à la taille du cadre de scène que se pose le regard du spectateur, dès que celui-ci prend place dans la salle de l’Opéra. La très belle scénographie de Barbara de Limburg pour la Cendrillon de Massenet est essentiellement faite de grands panneaux sur lesquels sont reproduits, en caractères anciens, les premières phrases du conte de Perrault. Ce livre s’ouvre, se referme, se modifie ...
© Opéra national de Lorraine

La Chauve-Souris de Nancy plombée par sa mise en scène

Les metteurs en scène trouveraient-ils indigne de leur talent que de présenter La Chauve-souris de Johann Strauss pour ce qu’elle est et telle que l’ont voulue ses concepteurs : une œuvre de pur divertissement, permettant aux Viennois d’échapper pour un court moment à la déprime ambiante, engendrée par le krach boursier de mai 1873, et où la satire sociale relève du vaudeville, fine et légère comme les bulles du Champagne omniprésent, ...
© Alain Kaiser

Reprise de La Bohème selon Robert Carsen

En 1990, alors qu’il venait d’être nommé directeur de l’Opéra des Flandres, Marc Clémeur eut la riche idée d’inaugurer un cycle Puccini et d’en confier la mise en scène à Robert Carsen, encore peu connu en Europe. Le retentissement de cette série de spectacles, débutée par Manon Lescaut et clôturée en 1996 par Il Trittico, contribua grandement à la renommée internationale du metteur en scène canadien. Désormais directeur de l’Opéra ...
Les Dieux d’Hollywood

La Belle Hélène à Strasbourg, les Dieux d’Hollywood

Le metteur en scène Calchas enrage. Pour le nouveau péplum qu’il réalise, les moyens que lui octroie le producteur Ménélas sont vraiment trop limités. Pourtant Ménélas est l’époux de la star Hélène, la vedette du film, et l’ami du politicien Agamemnon ! D’ailleurs, ce dernier souhaite renouveler le genre trop sclérosé et découvrir un nouveau talent pour le rôle du jeune premier. Ce sera le figurant Pâris… Dans cette Belle Hélène, créée ...
Un Roméo de très grande classe

Un Roméo de très grande classe à Tours

I Capuleti e i Montecchi Ouvrage délicat que ce Roméo et Juliette revisité par Romani et Vincenzo Bellini: un livret peu vraisemblable, une action statique, et pourtant de telles grâces musicales que tout mélomane finit par rendre les armes. Encore faut-il disposer de forces vocales, orchestrales et théâtrales, à la hauteur de l’enjeu, ce qui est le cas ce dimanche à Tours. Nadine Duffaut a le bon goût de s’effacer devant ...
Le grand style français

Werther dirigé par Michel Plasson, le grand style français

Antidote salutaire au récent Werther de l’Opéra de Paris, à sa distribution internationale générique et à son pathos exacerbé, la nouvelle production de l’Opéra du Rhin retrouve la mesure et les demi-teintes propres à cette interprétation tellement française du romantisme allemand, dont Les Souffrances du jeune Werther, écrit par Gœthe dès 1774, ne sont d’ailleurs que les prémisses. Le maître d’œuvre en est sans équivoque le chef Michel Plasson qui, à ...
Noces d’or

Noces d’or à Strasbourg

Pour les fêtes de fin d’année, à deux pas du marché de Noël qui bat son plein sur la place Broglie, l’Opéra du Rhin reprend le chef-d’œuvre de Mozart dans la mise en scène genevoise de Nicholas Hytner, que Strasbourg a déjà eu l’occasion de voir et de fêter en 2004. La proposition est heureuse car cette réalisation scénique d’un classicisme et d’un goût parfaits, reprise ici par Stephen Taylor, est ...
Le copier/coller d’Olivier Py.

Les Contes d’Hoffmann, le copier/coller d’Olivier Py

Après Der Freischütz et La Damnation de Faust, Les Contes d’Hoffmann d’Offenbach ferment le dernier volet du cycle de La Trilogie du Diable conçue par Olivier Py pour le Grand Théâtre de Genève. À l’heure du bilan de cette confrontation des trois œuvres au programme, Olivier Py apporte la confirmation que d’une mise en scène à l’autre, il opère un subtil copier/coller de son univers scénique et symbolique. Même noirceur, ...
« Paris, Paris, splendeur de mes désirs »

« Paris, Paris, splendeur de mes désirs »

Louise Aujourd’hui disparue de notre paysage culturel, Louise fut un des piliers du répertoire d’opéra-comique dans la première moitié du XXe siècle où elle atteignit le millier de représentations. L’ouvrage, par-delà certains aspects datés, est particulièrement intéressant en ce qu’il illustre le naturalisme en musique. « C’est Zola en musique », résumait Paul Morand. L’argument était particulièrement audacieux pour l’époque (la jeune Louise et le poète Julien s’aiment sans la légitimation ...
Calme plat sur la Mer Egée

Iphigénie en Aulide à l’Opéra National du Rhin, calme plat sur la Mer Egée

Créée en 1774, Iphigénie en Aulide est le premier opéra français que Christoph Willibald Gluck composa pour Paris. Alors âgé de cinquante-neuf ans, il était au faîte d’une renommée gagnée en Italie et à Vienne. Cette rencontre avec la tragédie classique française – le livret, adapté par Le Blanc du Roullet, est tiré de l’Iphigénie de Racine – lui donna l’occasion de mettre pleinement en action les principes de sa ...
Tom Rakewell II, le retour

Tom Rakewell II, le retour

The rake’s progress Après Glyndbourne, Bruxelles, le Théâtre des Champs-Elysées et avant Angers-Nantes-Opéras, l’Opéra National de Paris se devait d’avoir son propre Rake’s progress. Annoncé en octobre dernier, la mise en scène confiée à l’origine à Luc Bondy est passée à Olivier Py, directeur du Théâtre National de l’Odéon et habitué du Grand-Théâtre de Genève. Avant que le rideau ne se lève, on pouvait deviner ce qui allait être sur scène, ...
Des trous dans le filet ...

Des trous dans le filet …

Les Pêcheurs de Perles L’Opéra de Tours terminait sa saison avec les trop rares Pêcheurs de perles de Bizet, coproduits avec les Opéras d’Avignon et de Metz. La représentation commence mal avec de flagrants décalages entre fosse et plateau mais aussi entre solistes, dont le superbe duo entre Nadir et Zurga (« Oui, c’est elle, c’est la déesse ») souffre. Dans le rôle de Nadir, Martial Defontaine, en évidente méforme, abuse d’une voix ...
Les couleurs sombres de Werther

Werther par Thomas Hampson, version baryton de référence

L’influence de Massenet sur le jeune Debussy n’est plus à démontrer. Cette nouvelle version de Werther – l’exacte contemporaine de Pelléas – la rapproche de l’atmosphère sombre et ténébreuse du drame de Maeterlinck. Mais, n’est-ce pas plutôt l’inverse ? L’œuvre de Massenet était achevée dès 1887 et refusée aussitôt. Elle fut représenté en 1892 à Vienne, en allemand, par le célèbre ténor wagnérien Ernest Van Dyck. Enfin, le compositeur remit sur ...
Ultime Werther

Ultime Werther

Jules Massenet Non, non, rassurez-vous, Thomas Hampson n’a pas décidé de se reconvertir en ténor, il s’agit bien d’une adaptation pour baryton de Werther, écrite à l’intention de Mattia Battistini (1856-1928), « La Gloria d’Italia, Il Re dei Baritoni. » Thomas Hampson avait d’ailleurs enregistré cette version à la suite des représentations au Met en 1999, toujours avec la Charlotte de Susan Graham. Devant la difficulté à trouver un ténor acceptable pour ...
Figaro bello

Figaro bello

W. A. Mozart Cette nouvelle production est de celles qui suscitent l’adhésion ou provoquent le rejet, mais elle ne peut laisser indifférent et ouvre un vrai débat. Voici Mozart, Da Ponte et Beaumarchais restitués dans leurs costumes, l’esprit du temps et le contexte historique. Elle donne la preuve qu’il n’est nul besoin de faire de Figaro un garagiste ambitieux ou bien encore du Conte un PDG adepte de la promotion canapé ...
L’Enfance des Troyens

L’Enfance du Christ par Casadesus : L’Enfance des Troyens

Berlioz détestait qu’on lui fête son anniversaire. Mais aurait-il vraiment tenu rigueur à Jean-Claude Casadesus et l’Orchestre National de Lille d’être venu à Paris pour célébrer ses deux cents ans ? Peut-être, pour leur choix d’interpréter L’Enfance du Christ. En effet, sa « trilogie sacrée » avait, lors de sa création parisienne en 1854, reçu un succès qu’il avait considéré « spontané, très grand, et même calomnieux pour mes compositions antérieures ». Mais, à l’écoute ...
Au nom des pères

Les Troyens par Gardiner au Châtelet : Au nom des pères

Fêté dans toute l’Europe musicale, c’est à Paris que Berlioz rêvait de voir Les Troyens triompher. Cent quarante années après la création de la deuxième partie, John Eliot Gardiner les dirige pour la première fois dans la capitale en intégralité. Une série de représentations honorée d’une diffusion télévisée nationale – et en direct –, qui restera comme un jalon de l’épopée de cet Opéra ; autant par la qualité de l’interprétation ...

Béatrice sans Bénédict

Il existe toujours une appréhension à voir un opéra en version concert, l’absence de support visuel ne cachant aucun de ces passages à vide ou de ces imprécisions que le spectacle seul fait pardonner. Cela dit, les occasions de voir ce dernier opéra de Berlioz sont si rares, surtout servi par la belle Béatrice (la bien prénommée) Uria-Monzon, qu’il n’était guère question de faire le difficile. Un point noir, pourtant doit ...

Onéguine et les tourments de l’âme.

Dejan Savic / Marc Arturo Marelli Une nouvelle production d’Eugène Onéguine triomphe à Strasbourg, esthétique et fouillée, elle rend compte d’un grand sens de la nature des hommes et de leurs rendez-vous manqués. Admettons que l’intrigue resserrée autour de quelques personnages seulement soit de nature à permettre à un metteur en scène de trouver l’espace adéquat pour soigner les détails et de fouiller les recoins de l’âme. Admettons aussi que le livret ...