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L’Elixir d’amour à Tours, la jeunesse triomphe toujours

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Tours. Grand Théâtre. 7-X-2007. Gaetano Donizetti (1797-1848) : L’Elisir d’amore, opéra en 2 actes sur un livret de Felice Romani. Mise en scène : Davide Livermore. Décors et costumes : Santi Centineo. Lumières : Davide Livermore (réalisées par Vincent Combret). Avec : Daniela Bruera, Adina ; Gersende Dezitter, Gianetta ; Antonio Figueroa, Nemorino ; Nigel Smith, Belcore ; Franck Leguérinel, Dulcamara. Chœurs de l’Opéra de Tours (chef de chœur : Emmanuel Trenque), Orchestre Symphonique Région Centre Tours, direction musicale : Jean-Yves Ossonce.

En ouverture de sa saison lyrique, l’Opéra de Tours nous propose une production de l’Elisir d’amore créée à Savone en 2002 et récemment reprise à Montpellier puis à Toulon. Avouons-le, si ce spectacle se déguste avec un plaisir évident, il n’impose pas un parti marquant. Plus qu’une conception, nous propose en effet une imagerie mouvante et colorée, en s’inspirant clairement du cinéma fellinien, dont les plus célèbres personnages apparaissent tour à tour sur scène, jusqu’à faire revêtir à Dulcamara les habits du cinéaste. Le spectacle est juvénile, heureux, fortement rythmé et fidèle à l’esprit de l’ouvrage, même si la fantaisie tend parfois à en gommer les demi-teintes pastorales.

Les meilleures surprises nous viennent cependant de la distribution, et en premier lieu du couple d’amoureux. Très attendu, le jeune ténor canadien , récemment remarqué en Avignon dans les Pêcheurs de perles, confirme tous les espoirs placés en lui : moyens affirmés, musicalité raffinée, nuances parfaitement assumées font délirer le public dans l’incontournable « Una furtiva lagrima ». L’acteur, juvénile et séduisant, convainc tout autant. n’est pas en reste, trouvant le juste équilibre entre la spontanéité et la rouerie, le trouble et l’assurance, pour camper une Adina piquante et séduisante au diable. Le timbre est moiré, la technique solide et la musicalité irréprochable. Seuls quelques aigus forte laissent apparaître certaines duretés ainsi qu’un plus large vibrato, mince réserve au regard d’une prestation vocale d’un tel chic. Libéré des attributs aviaires dont l’avait paré , renouvelle son Belcore idéal de fatuité, chanté avec autorité et joué avec une évidente jubilation. Inattendu dans un tel rôle, détaille Dulcamara avec humour et bonhomie, à défaut parfois de toute la flexibilité nécessaire.

Maître des lieux, met en valeur les riches sonorités de son orchestre, en privilégiant la dynamique d’ensemble à la recherche du détail instrumental. Sa conception rythmée est ainsi pleinement en accord avec celle du metteur en scène. Nous n’oublierons pas de mentionner la prestation enthousiaste des chœurs, dignes protagonistes d’un spectacle savoureux, accueilli avec un impressionnant enthousiasme par un public visiblement ravi.

Crédit photographique : (Adina) © François Berthon

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Tours. Grand Théâtre. 7-X-2007. Gaetano Donizetti (1797-1848) : L’Elisir d’amore, opéra en 2 actes sur un livret de Felice Romani. Mise en scène : Davide Livermore. Décors et costumes : Santi Centineo. Lumières : Davide Livermore (réalisées par Vincent Combret). Avec : Daniela Bruera, Adina ; Gersende Dezitter, Gianetta ; Antonio Figueroa, Nemorino ; Nigel Smith, Belcore ; Franck Leguérinel, Dulcamara. Chœurs de l’Opéra de Tours (chef de chœur : Emmanuel Trenque), Orchestre Symphonique Région Centre Tours, direction musicale : Jean-Yves Ossonce.

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