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Récital Belle Époque par Véronique Gens et Jean-Paul Fouchécourt

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Metz. Arsenal. 5-IV-2008. Mélodies et duos de Reynaldo Hahn (1874-1947), Camille Saint-Saëns (1835-1921), Charles Gounod (1818-1893), Gabriel Fauré (1845-1924), Jacques Offenbach (1819-1880). Avec Véronique Gens, soprano ; Jean-Paul Fouchécourt, ténor ; Susan Manoff, piano.

Délicieux programme que celui concocté par ces merveilleux diseurs que sont et . Les deux chanteurs ont en effet en commun une diction parfaite, l’art de peser et de soupeser chaque syllabe et chaque mot – et cela sans la moindre préciosité… –, l’obsession presque « baroquisante » de donner tout son poids au verbe afin de mieux faire ressortir le son. Si la première partie du concert est plus « sérieuse », elle démarre néanmoins sur le ravissant duo de Ciboulette « Nous avons fait un beau voyage », morceau qui, d’emblée, donne le ton. Elle, , déploie ensuite ses beaux phrasés capiteux dans de superbes (« Quand je fus pris au pavillon », « Trois jours de vendange », « A Chloris), tandis que Lui, Fouchécourt, s’emploie à détailler le texte et à déconstruire, presque à la limite du pastiche et de la parodie, de très délicates mélodies de Gounod (« Envois de fleurs », « Où voulez-vous aller », « Venise », « Départ »). La première partie s’achève par de charmants duos de Fauré (« Pleurs d’or », « Puisqu’ici bas », « Tarentelle »), plus rarement entendus.

La deuxième partie, on pouvait s’y attendre, propose un programme davantage débridé. Enchaînant des morceaux d’Offenbach plus ou moins connus – parmi les « tubes » on reconnaîtra le duo de La Belle Hélène ou encore l’air de la prison et le couplet de l’aveu de La Périchole – nos deux compères vont encore plus loin dans l’art du demi-mot, du sous-entendu et de la litote. Jouant, mais sans donner dans l’excès, de leur très frappante différence de taille, les deux artistes n’hésitent pas à mettre en scène leur propre « persona » d’artiste – ainsi d’ailleurs que celle de leur pianiste… – afin de faire vivre dans l’humour et dans la farce deux fables de La Fontaine (« Le corbeau et le renard », « La cigale et la fourmi ») ainsi que des extraits de Fantasio et du Pont des soupirs, sans oublier, véritable clou de la soirée, les couplets de la déclaration extraits de Madame l’Archiduc. Le remarquable jeu pianistique de s’accorde idéalement avec ce détonnant mélange de verve, de gouaille, d’autodérision et de noblesse intérieure, marqué avant tout par une extrême subtilité.

Crédit photographique : © Ribes & Vo Va Tao

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