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Arabella de rêve avec Renée Fleming

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Richard Strauss (1864-1949) : Arabella. Mise en scène : Götz Friedrich. Décors et costumes : Gottfried Pilz et Isabel Ines Glathar, Milan. Avec : Renée Fleming, Arabella ; Julia Kleiter, Zdenka ; Morten Frank Larsen, Mandryka ; Alfred Muff, Graf Waldner ; Cornelia Kallisch, Adelaide ; Johan Weigel, Matteo ; Peter Straka, Graf Elemer ; Cheyne Davidson, Graf Dominik ; Morgan Moody, Graf Lamoral ; Sen Guo, Fiakermilli ; Irène Friedli, Kartenaufschlägerin. Chœur et orchestre de l’Opéra de Zürich, direction : Franz Welser-Möst. Réalisation télévisée : Felix Breisach. 1 DVD Decca 074 3263. Code-barre : 0 44007 43263. Filmé à l’Opéra de Zürich en juin 2007. Sous-titrage en anglais, allemand, français et espagnol et chinois. Zone 0. 147’

 

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Disons-le d’emblée : cette Arabella, captée au Festival de l’Opéra de Zürich en juin 2007, est un vrai régal. Sous la baguette attentive de , l’orchestre de l’Opéra de Zürich tire toutes les richesses de cette superbe partition – une interprétation mariant transparence et beauté, clarté et, par moments, l’indispensable opulence du phrasé. Pour le rôle-titre, la maison suisse disposait d’une des meilleures interprètes actuelles : . La richesse de son timbre plus beau que jamais, la facilité de son aigu lumineux, sa recherche constante de nuances et de couleurs ainsi que la qualité de sa diction allemande font d’elle une straussienne de premier ordre. S’ajoute ce mélange très spécial de tendresse et de légèreté, avec une petite touche de maniérisme, qui sied merveilleusement à cette jeune femme romantique et un peu capricieuse. Ravissante sur scène, cette Arabella frôle la perfection. A ses côtés, Julia Kleiter campe une Zdenka non moins enthousiasmante. Vocalement sans faille, avec cette couleur argentine dans les aigus qui rappelle Hilde Güden ou Anneliese Rothenberger, elle s’identifie pleinement au sort de la jeune fille déguisée en jeune homme, qui n’attend que de pouvoir vivre enfin ses désirs de femme. Un portrait qui arrache les larmes. Remplaçant initialement prévu, Morten Frank Larsen, est une révélation en Mandryka. Avec un timbre de velours et une projection admirable, à l’aise sur toute la longue tessiture du rôle, le baryton danois dresse le portrait d’un jeune homme passionné et follement amoureux. D’une silhouette très élégante, il s’intègre à la mise en scène avec une facilité qui force le respect.

Parmi les rôles secondaires, il faut souligner le Waldner impressionnant d’un Alfred Muff très en voix, l’Adelaide bien caractérisée de Cornelia Kallisch ainsi que la Fiakermilli pyrotechnique comme il faut de Sen Guo. Les deux ténors, en revanche, déçoivent : Johan Weigel, Matteo scéniquement convaincant, mais à l’émission désagréablement serrée et fâché avec les aigus du rôle, et , Elemer à la voix usée et au chant poussif.

Pour l’occasion, l’Opéra de Zürich avait reproposé une mise en scène de , datant de 2000. Reprise avec soin par Claudia Blersch (que la pochette, malheureusement, ne nomme pas), elle convainc par la sobriété de son approche. Transposant l’action aux années 1930, elle mise moins sur une possible opulence des décors (ici très «nouvelle objectivité») que sur l’intensité d’une direction d’acteurs dense et captivante. Celle-ci étant mise en valeur à merveille par les caméras de Felix Breisach le bonheur est complet. Comme nous le disions : un vrai régal.

 

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