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On the town au Châtelet : New York, New Yoooooork

La Scène, Opéra, Opéras

Paris, Théâtre du Châtelet. 11-XII-2008. Leonard Bernstein (1918-1990) : On the town, musical en deux actes sur un livret et des lyrics de Betty Comden et Adolph Green. Création en France. Mise en scène : Jude Kelly ; chorégraphie : Stephen Mear ; décors et costumes : Robert Jones ; lumières : Mark Henderson. Avec : Tim Howar, Ozzie ; Adam Garcia, Chip ; Joshua Dallas, Gabey ; Sarah Sœtaert, Ivy Smith ; Caroline O’Connor, Hildy ; Lucy Schaufer, Claire De Loone ; Sheila Reid, Madame Dilly ; Jonathan Best, Pitkin ; Janine Duvistki, Lucy Schmeeler ; Alison Jiear, Diana Dream / Dolores Dolores ; Rodney Clarke, un ouvrier / le Maître de cérémonies / l’annonceur / Rajah Bimmy / membre du jury du concours de danse. Chœur du Châtelet (chef de chœur : Alexandre Piquion), Orchestre Pasdeloup, direction musicale : David Charles Abell.

Et de trois ! Après Candide et West Side Story, le Châtelet nous sert un troisième spectacle scénique signé Bernstein (lequel suivra la saison prochaine, s’il y a une suite ?). Aussi curieux que cela puisse être, On the town, premier musical de son compositeur, n’a jamais été donné en France. Bizarre paradoxe de la scène essentiellement parisienne qui nous assène depuis une dizaine d’année des comédies musicales fadasses alors que nombre de chefs-d’œuvre n’ont jamais foulé le sol national.

Une fois n’est pas coutume, le Théâtre du Châtelet offre une éclatante réussite. Certes, la production vient de Londres (de l’English National Opera), ou le musical est une culture largement ancrée. Les décors sont réduits à un minimum efficace, les lumières sont soignées, les costumes splendides, la scène ne désempli jamais d’un beau monde qui joue, chante et danse à qui mieux-mieux. Aucune faille dans la distribution, faite d’habitués à ce genre de spectacle. Le trio masculin (On the town narre les tribulations de marins en goguette dans New York) est exceptionnel, avec une mention spéciale pour Adam Garcia (Chip). Leurs alter ego féminin sont de la même trempe : Sarah Sœtaert sort un joli brin de voix entre deux pas de danse, Caroline O’Connor est une chauffeuse de taxi désopilante et Lucy Schaufer sait alterner répertoire lyrique, musique contemporaine (Punch and Judy) et comédie musicale avec maestria. Le reste du plateau, exclusivement anglophone, venue des mondes de la danse, du théâtre, de la chanson ou de l’opéra, est exceptionnel.

Que changer alors ? L’orchestre. Malgré les efforts de , qui fut disciple de , l’ ne swingue pas et alourdit le rythme du spectacle. Un autre orchestre aurait-il mieux fait ? Peut-être au niveau de la sonorité et de la mise en place, mais la liberté rythmique et la souplesse de la pulsation ne sont pas les vertus cardinales de nos formations symphoniques. Question de culture.

Crédit photographique : Adam Garcia (Chip) & Caroline O’Connor (Hildy) © Marie-Noëlle Robert

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