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Mariage heureux de l’harmonium, du piano et de l’orgue

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Samuel Barber (1901-1980) : Toccata festiva pour orgue et piano. Léon Boëllmann (1862-1897) : Scènes du moyen âge. Charles-Marie Widor (1844-1937) : Six duos pour harmonium et piano. Eugène Gigout (1844-1925) : Pièces pour harmonium et piano (Contemplation, tempo di marcia, berceuse). Jean-Pierre Ferey piano, Frédéric Ledroit orgue et harmonium. 1 CD Skarbo DSK 4078. Code barre : 3375250407808. Enregistré en mai 2007. Livret bilingue (français, anglais). Durée : 61’08’’

 

Le XIXe siècle aura été marqué par l’apparition du piano moderne, de l’harmonium, et d’un type d’orgue totalement repensé pour une musique résolument nouvelle. Du coup, bon nombre de salons chic furent dotés de l’un de ces instruments, voire de deux ou trois. Plus modestement, le piano omniprésent côtoyait parfois l’harmonium, petit instrument à anches libres et au son continu, agréablement complémentaire aux sons martelés du piano. De grands compositeurs s’y sont intéressés, et en particulier au travers de ce mariage étonnant, à l’instar de ce que le baroque avait produit avec le clavecin organisé. Précision de l’attaque, sous un tapis sonore enveloppant et rappelant la matière de l’orchestre. Souvenons nous de Rossini et de sa petite messe solennelle. Plus tardivement le piano se mêlera à quelques orgues de salons, parfois de taille imposante, comme ceux du baron de l’Espée. grâce à son orgue de salon de Meudon, qui lui était venu de Guilmant composa quelques belles œuvres pour ce duo de charme.

Ici c’est la Toccata festiva de qui ouvre ce récital. De belle facture, cette œuvre sait tirer au mieux les qualités acoustiques de chaque instrument. Elle fût pourtant écrite au départ pour le piano et l’orchestre, la voici ici dans une transcription piano-orgue très réussie, réunissant les styles anciens et modernes. Les autres compositeurs de ce CD sont bien connus des organophiles, et se sont risqués à ces rapprochements instrumentaux, on l’imagine à l’usage de ces fameux musiciens de salons, souvent très expérimentés. Les pièces de Widor, organiste de Saint-Sulpice à Paris, sortent du lot, par leur écriture, leur intérêt, leur pittoresque aussi allai-je dire : des pièces comme Humoresque, ou Sérénade sont assez irrésistibles, et bien caractéristiques d’une époque certes révolue mais encore très attachante. L’intérêt de ce disque réside aussi dans la présentation d’un bel harmonium du facteur Alexandre (1865), et du grand orgue de la cathédrale d’Angoulême, de style néo-classique, de belle facture et surtout d’un son cohérent et équilibré. Les interprètes jouent ce répertoire avec un goût très sûr, de l’humour quand il en faut, de la maîtrise aussi, dans la manière de construire une pâte sonore agréable et inventive.

Musiques à découvrir dans un univers quasi vierge : belle pierre posée dans l’édifice éducatif du disque classique.

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Samuel Barber (1901-1980) : Toccata festiva pour orgue et piano. Léon Boëllmann (1862-1897) : Scènes du moyen âge. Charles-Marie Widor (1844-1937) : Six duos pour harmonium et piano. Eugène Gigout (1844-1925) : Pièces pour harmonium et piano (Contemplation, tempo di marcia, berceuse). Jean-Pierre Ferey piano, Frédéric Ledroit orgue et harmonium. 1 CD Skarbo DSK 4078. Code barre : 3375250407808. Enregistré en mai 2007. Livret bilingue (français, anglais). Durée : 61’08’’

 
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