Cycle Mahler d’Eschenbach : une « Cinquième » magistrale

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris, Salle Pleyel. 05-III-2009. Gustav Mahler (1860-1911) : Lieder eines fahrenden Gesellen ; Symphonie n°5 en ut mineur. Dietrich Henschel, baryton ; Orchestre de Paris ; direction, Christoph Eschenbach.

On le savait depuis quelques jours ; Thomas Hampson qui était à l’affiche du programme Mahler donné par l’ les 4 et 5 mars était remplacé par dans les Chants d’un compagnon errant. Ce cycle de quatre lieder pour orchestre écrit par Mahler – paroles et musique – à 25 ans sous le coup d’un chagrin d’amour, est révisé en 1896 pour sa création à Berlin.

Sublimes pages contenant déjà toute la thématique mahlérienne, ces lieder associent la complainte funèbre de l’être blessé au sentiment de la nature consolatrice à travers des éclairages très contrastés et un coloris instrumental des plus raffiné. Trop légère et peu timbrée, la voix de n’a hélas ni la puissance ni la couleur pour s’imposer face à un orchestre que Christophe Eschenbach tente vainement de retenir sans pour autant obtenir l’équilibre satisfaisant. Le tout manque d’élan et de ferveur, surtout dans l’admirable deuxième chant que Mahler réutilisera quelques années plus tard dans sa première symphonie.

L’interprétation de la Symphonie n°5 que nous entendions en seconde partie de concert était fort heureusement beaucoup plus convaincante. En phase avec ce répertoire qu’il affectionne et qu’il dirige par cœur, Eschenbach confère à cette partition impressionnante sa dimension épique et visionnaire à la faveur d’une grande lisibilité formelle et d’une énergie sans faille. Des sonneries de trompettes funèbres du début – excellent Bruno Tomba – à l’explosion jubilatoire du Rondo final, l’Orchestre de Paris en très grande forme fait valoir la couleur et la brillance de ses timbres et une belle cohérence des pupitres. Après l’éclat proliférant du Scherzo central, l’interprétation tout en pudeur et en délicatesse du célèbre Adagietto nous permet de réentendre autrement cette page quelque peu délestée de son pathos viscontinien…

Crédit photographique : © Michael Tammaro

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