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Chamber orchestra of Europe et Denis Matsuev, assemblée de solistes

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Paris. Cité de la Musique. 28-V-2009. Maurice Ravel (1875-1937) : Le Tombeau de Couperin ; Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Concerto pour piano n°1 en ut mineur op. 35 ; Félix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847) : Symphonie n°3 en la mineur « Écossaise » op. 56. Denis Matsuev, piano. Chamber orchestra of Europe, Semyon Bychkov, direction

Constituer un ensemble instrumental de solistes peut donner deux résultats : dans le meilleur des cas, les talents de chacun participent d’une dynamique globale, sinon, chacun tire la couverture à soi, et la partition est prise en otage. L’interprétation du a participé de ses deux tendances, et c’est le Tombeau de Couperin qui en a fait les frais.

Cette œuvre remarquable de raffinement dans l’expression autant que dans l’orchestration fait la part belle aux bois, ce qui ne facilite pas la cohésion de l’ensemble. De fait, les instruments solistes se démarquent par de multiples qualités, mais accaparent l’espace, laissant les cordes se noyer dans l’atmosphère vaporeuse des premiers mouvements. Le Prélude est brouillon, la Forlane manque de liant, le trio du Menuet est phrasé note à note… Seul le Rigaudon est restitué avec toute sa vitalité, le hautbois de faisant merveille en sa partie centrale.

La symphonie de Mendelssohn, au contraire, a été l’occasion pour l’ensemble de montrer sa cohésion, sans rien perdre des qualités de chacun. On a ainsi pu profiter de la qualité du clarinettiste Romain Guyot dans le truculent Scherzo, par exemple. Sans doute cette interprétation n’est pas sans défauts, on pense notamment à la transition entre l’Andante et l’Allegro du premier mouvement, pas très fine ; pour autant, les bons moments ne sont pas rares, et quelle musique !

En complément de programme, le donnait la réplique à dans le Concerto pour piano n°1 de . Voilà une œuvre paradoxale, véritable pied de nez dans ces deux mouvements extrêmes, cependant que le compositeur s’épanche dans la tendre mélopée du Lento médian. Très réussie dans l’ensemble, cette interprétation a permis de montrer les qualités du jeu de Matsuev, puissant et passionné – peut être un peu trop. Son manque de pondération a fait flirter les clins d’œil canailles du final avec le mauvais goût le plus absolu ; quant à la cadence… C’est peu dire qu’elle est courte : elle est passée comme une tornade, sans qu’il soit permis d’y rien saisir. Il n’en fallait pas tant, semble-t-il, pour restituer l’humour féroce de cette partition.

Crédit photographique : © DR

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Paris. Cité de la Musique. 28-V-2009. Maurice Ravel (1875-1937) : Le Tombeau de Couperin ; Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Concerto pour piano n°1 en ut mineur op. 35 ; Félix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847) : Symphonie n°3 en la mineur « Écossaise » op. 56. Denis Matsuev, piano. Chamber orchestra of Europe, Semyon Bychkov, direction

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