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[Dijon] Auditorium, 24-VI-2009. Ensemble Sillages : Bal de la contemporaine. Luc Ferrari (1929-2005), Patajaslocha  ; Henri Fourès (né en 1948), Musica Ficta, funky régional ; Georges Aperghis (né en 1945), Rock-Roll ; Jean-Pierre Drouet (né en 1935), Rikothapopp, rock lent et Galop, sauterie ; Michel Portal (né en 1935), El Balon ; Pablo Cueco, La terre est dure, afro-musette.

Bal de la contemporaine

Ce soir, ça guinche à l’auditorium… Drôle d’endroit pour le tango, la java canaille ou le rock déchaîné ! Le lieu est peut-être branché pour le symphonique, mais pour le déhanchement populaire, c’est plus inattendu. Voici que l’arrière-scène est configurée comme une salle de bal traditionnelle. L’estrade pour les musiciens, les guéridons et les tables de bistrot, et même une buvette encadrent une piste de danse accueillante ; tout est prêt pour que les spectateurs frétillent des gambettes.

Seulement voilà, la musique n’est pas celle d’André Verchuren ou d’Yvette Horner, et les noms à l’affiche sont plus connus par les habitués du festival de musique contemporaine local «Why note» que par ceux des bals. Les sonorités vont frictionner un peu les oreilles nostalgiques des roucoulades de Tino Rossi, mais le décalage est très amusant. L’idée d’un bal sur de la musique contemporaine aurait été lancée en 1984 par Pablo Cueco, et c’est grâce à une coproduction avec le Théâtre de Bourgogne que ce projet à été mené à bien à Dijon.

Quelques pièces semblent un peu longues, comme le galop final, mais la plupart sont à prendre avec humour, au deuxième degré. La suite Patajaslocha enchaîne paso- tango-java-slow-cha-cha-cha avec concision et panache ; El Balon proclame «no quiero trabajar», «je n’aime pas travailler», sur de beaux rythmes afro-cubains et avec des scats fort réussis du chanteur. Musica ficta d’Henri Fourès est sans doute le moment le plus sensuel de la soirée, avec sa mélopée vocale accompagnée de sons étranges et poétiques qui lui font écho. Le Rock-Roll de recrée à merveille l’ambiance de Johnny H. : des onomatopées rudes ajoutent un rythme rageur à un rock déjà endiablé.

L’ensemble Sillages interprète avec l’aisance et la décontraction nécessaires ce répertoire hybride : il donne à cette soirée une ambiance bon enfant et proche de celle de la musique de jazz. Certaines pièces sont d’ailleurs bâties dans cette tradition, comme celle de Pablo Cueco, «La terre est dure», qui fait alterner soli, chorus et riffs. Il faut dire aussi que le présentateur chanteur possède un solide humour, un peu à la Buster Keaton : «chers amis spectateurs, bonsoir, nous dédions cette soirée à la nomination de notre nouveau ministre de la Culture, Frédéric Pompidou…»

Crédit photographique © Gilles Abegg

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[Dijon] Auditorium, 24-VI-2009. Ensemble Sillages : Bal de la contemporaine. Luc Ferrari (1929-2005), Patajaslocha  ; Henri Fourès (né en 1948), Musica Ficta, funky régional ; Georges Aperghis (né en 1945), Rock-Roll ; Jean-Pierre Drouet (né en 1935), Rikothapopp, rock lent et Galop, sauterie ; Michel Portal (né en 1935), El Balon ; Pablo Cueco, La terre est dure, afro-musette.

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