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 Crédit photographique : Xavier Gagnepain ; Tuija Hakkila, Laurent Boukobza, Guillaume Paoletti, Raphaël Chrétien, Vladimir Dubois © Festival des Arcs

Festival Les Arcs 2009

Arc 1800. Centre Bernard Taillefer. 26-VII-2009. Johannes Brahms (1833-1897) : Sonate pour violon et piano n°1 en sol majeur op. 78 ; Deux berceuses pour alto, voix d’alto et piano op. 91. Luciano Berio (1925-2003) : Sequenza XIV pour violoncelle. Oscar Strasnoy (né en 1970) : Eco pour violoncelle ; Robert Schumann (1810-1856)  : Andante et variations en si bémol majeur pour deux pianos, deux violoncelles et cor WoO 10, 1. Elsa Maurus, mezzo-soprano ; Vladimir Dubois, cor ; David Grimal, violon ; David Gaillard, alto ; Xavier Gagnepain, Guillaume Paoletti, Raphaël Chrétien, violoncelles ; Richard Hyung-Ki Joo, Tuija Hakkila, Laurent Boukobza, piano

Arc 1800. Centre Bernard Taillefer. 27-VII-2009. Johannes Brahms (1833-1897) : Quintette pour clarinette et cordes op. 115  ; Quatuor pour cordes et piano n° 3 en ut mineur op. 60. Luciano Berio (1925-2003) : Sequenza VI pour alto. Oscar Strasnoy (né en 1970) : Eco pour alto. Jacques Di Donato, clarinette ; Richard Schmoucler, violon ; David Gaillard, Fabrice Lamarre, altos ; Guillaume Paoletti, violoncelle ; Laurent Boukobza, piano ; Quatuor Rosamonde : Agnès Sulem-Balobrodia, Thomas Tercieux, violons ; Jean Sulem, alto ; Xavier Gagnepain, violoncelle

A l’inverse du concert du 24 juillet, celui du 26 s’est présenté comme le plus problématique de la première semaine du festival. Dans la Sonate n°1 de Brahms, le violon de David Grimal, magnifique musicien, s’est fait étonnamment raide et aigre, tandis que Richard Hyung-Ki Joo jouait un piano puissant et guère nuancé. Rejoint par son comparse Igudesman, le pianiste s’est lancé dans un gag annonciateur de ce que les duettistes s’apprêtent à donner le 30 juillet aux Arcs : le piano cherche à jouer le fameux thème de James Bond, tandis que, en même temps, le violoniste se lance dans un thème tout aussi fameux de Mozart, mais les deux instrumentistes se retrouvent sur des notes communes. Si le public a volontiers adhéré à ce moment de détente, il s’en est trouvé pour regretter la rupture de ton trop importante après la mélancolie de l’œuvre de Brahms et avant la Sequenza n° XIV pour violoncelle de Berio. Cette dernière partition a été longuement présentée par son interprète, Xavier Gagnepain, au risque de noyer le public sous un flot d’informations l’empêchant de découvrir de lui-même les infinies richesses de l’ultime Sequenza composée par Berio. Le violoncelliste a donné toute la mesure de cette page impressionnante, jouant en didacticien un instrument autant percussif que belcantiste, tirant de son archet des sonorités chaudes dans un geste large et précis, voire un peu trop décomposé. Pour sa seconde interprétation de l’Eco pour violoncelle de Strasnoy, qui, à l’instar de la Sequenza, conclut le cycle des Eco, le membre du Quatuor Rosamonde a donné une lecture un peu docte. Dans les deux admirables Berceuses pour alto, voix d’alto et piano de Brahms, Elsa Maurus s’est montrée réservée et distante, s’exprimant dans un allemand peu clair, laissant la primauté au somptueux alto de David Gaillard, tandis que Tuija Hakkika soutenait le tout de son touché aérien et concis. Dans le rare Quintette pour cor, deux pianos et deux violoncelles de Schumann, Vladimir Dubois, Guillaume Paoletti, Raphaël Chrétien, Tuija Hakkika et Laurent Boukobza ont brillamment conclu un programme mi-figue mi-raisin, faisant oublier que cette partition est loin d’être la plus aboutie du musicien rhénan.

C’est sur le bouleversant Quintette pour clarinette et cordes que s’est ouvert le concert suivant. Transcendé par la clarinette tendre et nostalgique de Jacques Di Donato, le Quatuor Rosamonde a brillé de tous ses feux, l’alliage de l’alto et du violoncelle avec l’instrument à vent exhortant la chaude beauté de cette œuvre admirable. Changement brutal de ton avec la Sequenza VI pour alto de Berio. Cette pièce d’une douzaine de minutes est d’une violence extrême, l’archet de l’instrumentiste étant constamment sollicité sur une courte course, pour s’apaiser dans les ultimes secondes en une geste nostalgique et inquiet. David Gaillard a joué cette partition impossible avec une concentration extrême mais de façon trop contractée, donnant l’impression d’un combat sans espoir là où il faut de la lumière et de la sensualité. En revanche, Gaillard a brossé une lecture magnifique de l’Eco pour alto l’un des plus accomplis du cycle de Strasnoy, avec cette atmosphère de nostalgie apaisée qui conclut l’œuvre de Berio. Confié à Richard Schmoucler, Fabrice Lamarre, Guillaume Paoletti et Laurent Boukobza, le Quatuor pour cordes et piano n° 3 en ut mineur op. 60 a conclut ce beau concert dans l’allégresse.

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 Crédit photographique : Xavier Gagnepain ; Tuija Hakkila, Laurent Boukobza, Guillaume Paoletti, Raphaël Chrétien, Vladimir Dubois © Festival des Arcs

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